Mardi 15 décembre 2009
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Par lib'
·Le centriste Jean Arthuis, président de la Commission des Finances au Sénat : · · · « Très étonnant, ce grand emprunt !» Jean Arthuis fait effectivement observer
que le Parlement vient tout juste de voter le projet de loi de finances pour 2010. Mais, poursuit-il, « nous savons que ce projet de loi de finances est incomplet parce que dès le mois de
janvier, il va falloir examiner un projet de loi de finances rectificatives pour évoquer le grand emprunt ». Et il ajoute : « Cela veut dire que le déficit prévisionnel que nous venons de voter,
117,5 milliards d'euros..., n'est pas le déficit définitif. Il faudra y ajouter le montant du grand emprunt. C'est-à-dire que l'on sera aux alentours de 150 milliards d'euros. Auxquels il faudra
ajouter les 33 ou 35 milliards de déficit de la protection sociale. » « Nous nous sommes tiré une balle dans le pied avec ce fameux bouclier fiscal. J'en parle d'autant plus volontiers que je
l'ai voté. Je reconnais que j'ai commis une erreur. » ·Et du même coup, la France va-t-elle s'éloigner encore davantage du respect de ses engagements européens, ceux induits par le traité de
Maastricht et par le pacte de stabilité ? Pour Jean Arthuis, l'énigme n'en est visiblement pas une, car il donne peu de crédit à la promesse de la France de tenir ses engagements européens. «
J'en doute car cette crise n'est pas une crise comme les autres », dit-il. Avant d'ajouter, sévère : « J'ai le pressentiment que le potentiel de croissance de la France va être atteint pour
quelques années. » ********************************************************************** le socialiste Didier Migaud, qui préside la Commission des finances de l'Assemblée nationale « Que le
plan de relance ait eu un impact, c'est évident. Le plan de relance était-il suffisant ? Non ! Explique-t-il que la France ait une récession moins forte que beaucoup d'autres pays ? Non ! Pas
davantage. Ce qui explique que la récession soit moins forte en France qu'en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Espagne, voire aux Etats-Unis, c'est le niveau de nos prestations sociales et de
nos politiques publiques. C'est notre modèle social, que souhaite remettre en cause à travers un certain nombre de propositions justement le chef de l'Etat. Là, il est bien content de l'avoir
trouvé... » « L'Allemagne a connu une récession deux à trois fois plus forte que la France. Son chômage s'est tenu ; il n'a pas sensiblement augmenté. La France, avec une récession deux à trois
fois moins forte que l'Allemagne, a connu une explosion de son chômage. Cela montre bien les insuffisances du plan de relance en France. Il y avait un volet investissement-trésorerie des
entreprises qui était utile. En revanche, le volet soutien à l'emploi ou soutien de la demande et de la consommation était trop faible ou inexistant. » Didier Migaud se dit donc convaincu que la
France va s'écarter de plus en plus des engagements européens qu'elle a contractés, ceux de Maastricht ou du pacte de stabilité. La France, assure-t-il, « s'écarte et elle continuera de s'écarter
». Le responsable socialiste ne donne donc aucun crédit à la ministre des finances, Christine Lagarde, quand elle affirme que les déficits se résorberont quand la croissance sera de retour. «
L'année 2007, dit-il, montre que cela ne suffit pas de retrouver la croissance puisque cette année-là nous avons connu une croissance supérieure à 2% et la situation de nos comptes publics s'est
dégradée, parce que Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon ont continué dans une politique d'allègements. » **********************************************************************
·« Et puis, l'emprunt, poursuit-il, c'est une modalité de financement, ce n'est pas une recette. (...) On connaît la fin du film. Parce que cela s'est déjà passé, dans l'histoire. L'emprunt, il
peut vous permettre de repousser les échéances, le moment de la facture, mais il ne repousse pas le montant de la facture. Et il n'allège pas le montant de la facture. Au contraire, il
l'augmente. Et à un moment donné, il faut rembourser (...) Le grand emprunt, est-ce que cela n'est pas les allègements d'impôts d'hier et les impôts de demain ? C'est une grande majorité de nos
concitoyens qui, vraisemblablement, va financer le remboursement d'emprunt qui ont financé des réformes qui ont bénéficié à des contribuables qui n'étaient pas parmi les moins fortunés. »
Conclusion de Didier Migaud sur la politique économique : « Elle est brouillonne mais je crois que le président de la République est au fond de lui-même profondément un libéral (...) La
régulation, pour lui, ce n'est pas spontané. L'encadrement, la régulation, ce sont des choses très présentes dans ses discours (...) mais le passage à l'acte ne se fait pas. » D’après L Mauduit
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