Samedi 19 décembre 2009
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Par Xavier JAGLIN - Conseiller général de l'Orne
Nous avions tous porté l'espoir que face à l'urgence climatique et à la fracture planétaire Nord-Sud,
la communauté internationale s'engage résolument à l'occasion du sommet de Copenhague, vers un développement durable à l'échelle mondiale.
La France, naturellement, devait jouer un rôle majeur pour favoriser l'émergence d'un accord digne de ce nom. En
effet, notre pays jouit d'une influence extrêmement positive en terme de développement durable, y compris auprès des opinions publiques internationales, depuis que Jacques Chirac s'est imposé comme le leader qui a mis au coeur du concert des nations l'urgence écologique. L'ancien président de la République
aura su favoriser la prise de conscience internationale tant des pays en voie de développement que des pays émergeant ou des pays les plus avancés. Qui ne se souvient du
retentissement encore perceptible de la phrase d'ouverture de son intervention à Johannesburg en septembre 2002, alors que Dominique de Villepin était ministre des affaires étrangères, lors du
Sommet de la Terre: "la maison brûle et nous regardons ailleurs".
De 2002 à 2007, notre pays aura été on ne peut plus actif au niveau national, européen
et mondial, en particulier sous les gouvernements de Dominique de Villepin: loi de programmation de l'énergie de juillet 2005 avec objectifs chiffrés de baisse des émissions de gaz à effet de
serre, actualisation du plan climat lors du comité interministériel du 13 novembre 2006, rôle d'entraînement lors du sommet européen sur l'énergie de mars
2007 qui fixe des objectifs plus contraignant que les engagements de Kyoto, mobilisation en faveur de la création de l'Organisation des Nations Unis pour l'Environnement.
Depuis, des progrès substantiels ont continué à être réalisés au niveau national, en particulier lors du Grenelle de
l'environnement et grâce au talent de Jean-louis Borloo.
Néanmoins, sur la scène internationale, depuis deux ans, l'édifice diplomatique construit au fil du temps, avec
conviction, détermination et habileté, a subi des secousses qui ébranlent ses fondations. Notre capital d'influence a littéralement était dilapidé. On n'agit pas impunément à l'international
avec désinvolture, provocation, et force coup de menton et autre jeu personnel ou égocentrique.
Une négociation au niveau des chefs d'états, malgré toutes les qualités de nos diplomates de carrière, exige de la
part même de son chef des compétences qui ne peuvent émerger sans l'intelligence appuyée par l'expérience et la longue préparation des choses. Pourtant, compte tenu de l'accumulation des échecs
du président français dans ses tentatives d'être un acteur majeur à l'international, nous aurions pu espérer qu'il finisse par tirer des leçons pourtant évidentes.
La très vague et très décevante déclaration d'intention qui sort du sommet de
Copenhague, marque l'échec total d'un sommet qui n'aura d'historique, que l'invraisemblable agitation désordonnée du président français, agitation alliée à des indélicatesses diplomatiques. La
forte baisse de l'influence de la France sur la scène mondiale est désormais patente. Malheureusement pour notre pays et on peut le penser, pour le monde, rien ne garantit un rebond, bien au
contraire.
Nicolas Sarkozy aura reçu - passez moi l'expression - une véritable "raclée". En effet,
il avait lui-même fixé les conditions pour considérer que le sommet soit une réussite, ce qui, au passage, est en soi une faute diplomatique et une insulte à ses pairs. Au final, il manque
trois des quatre conditions fixées: pas d'organisation mondiale de l'environnement, pas d'objectif chiffré de réduction des gaz à effet de serre, aucune
assurance réelle quant aux modalités d'appui financier aux pays en développement.
Depuis son arrivée à l'Elysée, par incapacité à sortir
de lui-même, par impuissance à saisir l'essence des choses, la France, contrairement à ce que la propagande martèle, se ridiculise sur la scène mondiale. S'il fallait que notre vanité dût en souffrir, nous n'aurions
qu'à ravaler notre morgue. Mais l'enjeu est tout autre, car finalement c'est notre sécurité au sens le plus large, écologique sociale économique culturelle et extérieure, qui pourrait être
amenée à évoluer sur une pente dangereuse.
N'est pas Dominique de Villepin ou Jacques Chirac qui
veut.