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" Le fait que les partisans de droite et les partisans de gauche déclarent que j'appartiens à l'autre coté, prouve précisément ce que je dis, c'est à dire que, maintenant comme toujours, je ne suis pas d'un coté, je ne suis pas de l'autre, je suis pour la France."

Charles de Gaulle (15 décembre 1965)
Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 19:09

 

 

eric-zemmour

« La nation française se dissout dans l’Europe, la mondialisation, l’immigration et le multiculturalisme » par Eric ZEMMOUR (Journaliste)

 

 

 

 

 

  • Identité nationale suppose nation. Or depuis un demi-siècle, la nation française se dissout dans l’Europe, la mondialisation, l’immigration et le multiculturalisme. Le débat en cours ne peut-être qu’illusoire.

 

Au commencement était la nation. La grande nation, comme disaient avec admiration les Allemands. Et puis, au fil des décennies, l’admiration s’est teintée d’ironie. Mais la nation, grande ou pas, restait souveraine. On s’interrogeait sur sa puissance ou sa faiblesse, sa grandeur ou sa décadence, pas sur son identité. A la fin du XIXe siècle, pris dans son tête-à-tête mortifère avec l’Allemagne, la France tenta de définir ce qui la distinguait de son impérieux voisin. On connaît la célèbre conférence d’Ernest Renan qui définit alors l’être français non par la race ou le sang, mais par l’histoire, la culture, la volonté. On a tous en mémoire les célèbres passages sur l’héritage d’une histoire partagée et le plébiscite de tous les jours.

On ne parlait toujours pas d’identité nationale. Il fallut attendre le début des années 1980 pour que cette expression fût employée. Et ce n’est pas un hasard. La France est alors prise dans le maelström déstabilisateur de l’Europe et de la mondialisation. Elle perd successivement la maîtrise de ses frontières, de sa politique économique et commerciale avec le grand marché unifié, et la gestion du plus ancien attribut de souveraineté avec la guerre : la monnaie.

A l’époque du référendum de 1992, le Premier ministre Pierre Bérégovoy affirmait d’un ton doucereux à ses contradicteurs qu’ils ne devaient pas s’inquiéter, qu’ils ne perdraient pas leurs coutumes. Giscard se met lui aussi à parler d’identité nationale.

L’identité nationale, c’est tout ce qui reste quand on a perdu (le gros de) la souveraineté. La mondialisation imposa la libre circulation des marchandises – dans le cadre, classique, du libre-échange –, mais surtout celle des facteurs de production : capitaux et hommes.

Alors, l’identité nationale devint une question lancinante du débat politique français. L’émergence du Front national qui, en captant l’électorat populaire, fit d’abord la joie de la gauche (réélection de Mitterrand en 1988), puis celle de la droite (élimination de Jospin dès le premier tour en 2002) fut la partie émergée de l’iceberg. Sous cette agitation politicienne, un peuple se demandait, angoissé, ce qu’il devenait.

« Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne. »

Mais, officiellement, la question de l’identité nationale ne se posait pas. Et surtout, elle n’avait aucun rapport avec l’immigration. Selon nos doctes bien-pensants, une identité évoluait. Comme les modèles de l’industrie automobile. Pourtant, le général de Gaulle nous avait prévenus : « Il ne faut pas se payer de mots ! C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne. »

Depuis la mort du grand homme, on ne cessa de nous expliquer le contraire. La France, ce n’était finalement que la déclaration des droits de l’homme et la République. Des « valeurs » et rien d’autre. On somma le peuple français de renoncer à ce modèle assimilationniste qu’il avait pourtant imposé à des générations d’immigrés belges, italiens, espagnols, russes, juifs, pour le plus grand bien de la France – que l’immigration sauvait du déclin démographique – et de ces immigrés qu’elle émancipait, par sa culture et sa langue, de l’enfermement ghettoïsé des origines. L’assimilation, c’est l’abandon d’une partie de soi pour adopter les mœurs, le mode de vie, la façon de penser du pays d’accueil. L’assimilation ne connaît que les individus, des citoyens, pas des communautés, encore moins des peuples. Un corset néocolonial, nous ont dit les « modernes ». Raciste, ont ajouté les autres. L’heure était aux identités multiples. Au multiculturalisme. Toute une idéologie, venue du Canada et des Etats-Unis, imposa cette vision. Et ces mots fétiches qui, détournés de leur sens premier, devinrent les vecteurs de l’idéologie dominante : métissage, diversité, accommodements raisonnables…

Les mots sont des armes. Dans un texte intitulé « Justice et affaires intérieures », le Conseil européen du 18 novembre 2004 adopta les « principes de base communs de la politique d’intégration des immigrants dans l’Union européenne ». L’article 1er énonce : « L’intégration est un processus dynamique, à double sens, de compromis réciproques entre tous les immigrants et résidents des Etats membres. »

Chaque mot est une déclaration de guerre à la conception impérieuse – assimilationniste – française qui repose sur l’adage : si fueris Romae, Romano vivito more (à Rome, fais comme les Romains).

C’est dans ce contexte historicoculturel que, pendant la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy osa associer dans le même discours immigration et identité nationale. Tollé. La gauche nous expliqua qu’il était honteux et raciste d’associer l’immigration et l’identité nationale. Le scandale donnera sans doute à Sarkozy la clé de l’Elysée et, en tout cas, l’adhésion de cette fraction de l’électorat populaire qui abandonna alors Le Pen pour lui. Sarkozy s’était préalablement présenté comme un Français de sang mêlé. Plus tard, il ajoutera : « président d’une France métissée ». C’est toujours ainsi avec Sarkozy : une transgression, qui fait hurler les bienpensants et le rapproche du peuple, est toujours « payée » par une concession majeure au « politiquement correct ». Habileté tactique qui lui permet d’éviter la diabolisation médiatique, mais rend incohérente sa pensée.

Le premier ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale fut Brice Hortefeux. Mécontent et tétanisé, il ne fut que ministre des expulsions. Plus décomplexé parce que venant de la gauche, Eric Besson a rempli tardivement la feuille de route de la campagne présidentielle. Le débat sur l’identité nationale tombe opportunément à quelques mois des régionales et alors que le chômage et la dette publique explosent. Mais la ficelle tactique est tellement épaisse que tout le monde l’a vue.

Eric Besson ose reparler d’assimilation. Mais il évoque aussi le métissage et la diversité. La confusion sémantique, et donc idéologique, est à son comble. Besson suit Sarkozy qui ne sait pas vraiment de quel modèle il parle. Les choses sont pourtant simples : le modèle assimilationniste, qui a fonctionné pendant un siècle, de 1860 à 1970, a parfaitement rempli son office, même si, contrairement aux idées reçues, de nombreux Italiens et Polonais sont rentrés chez eux. Cette assimilation a été la clé, selon le grand historien Fernand Braudel, de « l’intégration sans douleur » de ces immigrés qui « se sont vite confondus dans les tâches et les replis de notre civilisation », tandis que leurs cultures d’origine ont apporté une nuance de plus à notre culture complexe.

A partir des années 1980, on a abandonné notre modèle mais sans oser vraiment adopter celui, « communautariste », de l’autre grand pays d’immigration : les Etats-Unis. Nous sommes restés entre « deux eaux ». Comme par antiphrase – car, en réalité, nous avons intégré de moins en moins –, nous avons appelé cet entredeux « l’intégration ». Nous avons cru que la seule insertion économique suffirait. Ce raisonnement matérialiste, qui comblait marxistes et libéraux, nous empêcha de voir qu’en fait, c’est l’assimilation qui, paradoxalement, permet une meilleure insertion économique.

Peu à peu, les Français des quartiers populaires, qu’on n’osait plus appeler de souche, se sentant devenir étrangers dans leur propre pays, s’en éloignaient, s’en séparaient.

Ne maîtrisant plus vraiment notre immigration, nous avons laissé s’installer une population nombreuse qui gardait ses coutumes et ses traditions. Peu à peu, les Français des quartiers populaires, qu’on n’osait plus appeler de souche, se sentant devenir étrangers dans leur propre pays, s’en éloignaient, s’en séparaient. Les communautés se côtoyaient parfois, mais ne se mélangeaient plus.

De Gaulle, encore lui, nous avait pourtant prévenus : «On peut intégrer des individus ; et encore, dans une certaine mesure seulement. On n’intègre pas des peuples, avec leur passé, leurs traditions, leurs souvenirs communs de batailles gagnées ou perdues, leurs héros. »

Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /Déc /2009 10:18
Dec 20
Par lucienne magalie pons

J’avais écrit  un poème et des articles  en  Novembre 2008, en  mémoire de Didier et des autres sans abris, tombés au front de la misère, dans une  guerre  « sociale »  qui tue sans pitié les plus faibles,  sous le regard volontairement aveugle  des pouvoirs publics  et l’indifférence d’une partie  de  nos contemporains  envahis et « torturés » eux même par leur conditions de vie difficiles

Mais il y a aussi d’autres contemporains qui vivent dans l’aisance, certains c’est vrai son soucieux du drame Sdf  et s’activent dans des associations, mais c’est une  exception  minoritaire qui sauve l’honneur de la classe aisée, il faut bien reconnaître qu’une grande majorité d’individus sont sourds et aveugles aux malheurs sociaux des Sdf.. Pire, certains les suspecte d’en être arrivés  là par leur propre  faute, pour certains c’est vrai, mais est-ce une raison pour les mépriser et de ne pas exiger des pouvoirs publics et sociaux  à les aider  à se relever socialement, ou si c’est impossible  de les réintégrer socialement  de trouver des solutions sociales  pour  les sortir  de la  rue ?

Fin 2008  le pouvoir  soutenait encore que certains Sdf qui refusaient un « lit » pouvaient rester dans la rue au nom de leur liberté individuelle à choisir leur mode de vie !

Or à vrai dire  si  certains Sdf effectivement refusent un « lit » dans un dortoir   collectif en raison de la promiscuité qu’ils y trouvant . ( sources, si vous le souhaitez vous  informer en retrouvant des articles,  des déclarations et des vidéos  de Fin novembre et début décembre 2008 sur le web)

Par ailleurs  dans les Centres d'hébergement et dortoirs collectifs, il faut quitter le lit à sept heures du matin et le soir en retrouver un autre ! L’offre d’hébergement est le plus souvent  « virtuelle ». Dans la réalité  les dortoirs affichent complet  très tôt dans la journée, et refusent des Sdf, surtout dans les grandes villes comme  à Paris. Certes des places sont parfois disponibles dans des Centres en banlieue éloignée, mais cela posent problème pour y aller et pour revenir( les frais de transport sont  trop élevés pour les Sdf)

Enfin à Paris,  pour tenter d’obtenir une place des Sdf passent des heures à appeler le 15 et finissent  par raccrocher face à un serveur vocal qui répètent inlassablement le même message d’attente.

La mort est sans pitié et les vivants aussi ! 

Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 09:04

Par Xavier JAGLIN - Conseiller général de l'Orne


Nous avions tous porté l'espoir que face à l'urgence climatique et à la fracture planétaire Nord-Sud, la communauté internationale s'engage résolument à l'occasion du sommet de Copenhague, vers un développement durable à l'échelle mondiale.

La France, naturellement, devait jouer un rôle majeur pour favoriser l'émergence d'un accord digne de ce nom. En effet, notre pays jouit d'une influence extrêmement positive en terme de développement durable, y compris auprès des opinions publiques internationales, depuis que Jacques Chirac s'est imposé comme le leader qui a mis au coeur du concert des nations l'urgence écologique. L'ancien président de la République aura su favoriser la prise de conscience internationale tant des pays en voie de développement que des pays émergeant ou des pays les plus avancés. Qui ne se souvient du retentissement encore perceptible de la phrase d'ouverture de son intervention à Johannesburg en septembre 2002, alors que Dominique de Villepin était ministre des affaires étrangères, lors du Sommet de la Terre: "la maison brûle et nous regardons ailleurs".

De 2002 à 2007, notre pays aura été on ne peut plus actif au niveau national, européen et mondial, en particulier sous les gouvernements de Dominique de Villepin: loi de programmation de l'énergie de juillet 2005 avec objectifs chiffrés de baisse des émissions de gaz à effet de serre, actualisation du plan climat lors du comité interministériel du 13 novembre 2006, rôle d'entraînement lors du sommet européen sur l'énergie de mars 2007 qui fixe des objectifs plus contraignant que les engagements de Kyoto, mobilisation en faveur de la création de l'Organisation des Nations Unis pour l'Environnement.

Depuis, des progrès substantiels ont continué à être réalisés au niveau national, en particulier lors du Grenelle de l'environnement et grâce au talent de Jean-louis Borloo.

Néanmoins, sur la scène internationale, depuis deux ans, l'édifice diplomatique construit au fil du temps, avec conviction, détermination et habileté, a subi des secousses qui ébranlent ses fondations. Notre capital d'influence a littéralement était dilapidé. On n'agit pas impunément à l'international avec désinvolture, provocation, et force coup de menton et autre jeu personnel ou égocentrique.

Une négociation au niveau des chefs d'états, malgré toutes les qualités de nos diplomates de carrière, exige de la part même de son chef des compétences qui ne peuvent émerger sans l'intelligence appuyée par l'expérience et la longue préparation des choses. Pourtant, compte tenu de l'accumulation des échecs du président français dans ses tentatives d'être un acteur majeur à l'international, nous aurions pu espérer qu'il finisse par tirer des leçons pourtant évidentes.

La très vague et très décevante déclaration d'intention qui sort du sommet de Copenhague, marque l'échec total d'un sommet qui n'aura d'historique, que l'invraisemblable agitation désordonnée du président français, agitation alliée à des indélicatesses diplomatiques. La forte baisse de l'influence de la France sur la scène mondiale est désormais patente. Malheureusement pour notre pays et on peut le penser, pour le monde, rien ne garantit un rebond, bien au contraire.

Nicolas Sarkozy aura reçu - passez moi l'expression - une véritable "raclée". En effet, il avait lui-même fixé les conditions pour considérer que le sommet soit une réussite, ce qui, au passage, est en soi une faute diplomatique et une insulte à ses pairs. Au final, il manque trois des quatre conditions fixées: pas d'organisation mondiale de l'environnement, pas d'objectif chiffré de réduction des gaz à effet de serre, aucune assurance réelle quant aux modalités d'appui financier aux pays en développement.

Depuis son arrivée à l'Elysée, par incapacité à sortir de lui-même, par impuissance à saisir l'essence des choses, la France, contrairement à ce que la propagande martèle, se ridiculise sur la scène mondiale. S'il fallait que notre vanité dût en souffrir, nous n'aurions qu'à ravaler notre morgue. Mais l'enjeu est tout autre, car finalement c'est notre sécurité au sens le plus large, écologique sociale économique culturelle et extérieure, qui pourrait être amenée à évoluer sur une pente dangereuse.

N'est pas Dominique de Villepin ou Jacques Chirac qui veut.

Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 15:38
Dec 18

 

Par Ens

Gisèle Leclerc a les cernes de ceux qui ne dorment plus du sommeil du juste depuis longtemps. Depuis que son mari, Jean-Yves, est mort. Cela fait un peu plus de sept ans maintenant. Ouvrier originaire de Cherbourg (Manche), il participait avec dix autres Français au chantier de construction d'un sous-marin à Karachi (Pakistan). Jusqu'au 8 mai 2002. Ce matin-là, une voiture piégée est venue s'encastrer dans le bus qui l'emmenait au travail.

Accompagnée de Claire, Catherine et Magali, Gisèle est venue à Paris, hier, pour accuser Nicolas Sarkozy d'avoir une part de responsabilité dans cet attentat. Dans le bureau d'Olivier Morice, leur avocat, ces femmes, mères et filles de victimes ont détaillé la plainte déposée, lundi dernier, devant le procureur de Paris.

Le document décrypte un système de corruption que la France aurait mis en place avec le Pakistan dans le cadre du contrat de vente de ce sous-marin. « La France versait des commissions au Pakistan qui revenaient ensuite sous forme de rétrocommissions illicites, raconte Olivier Morice, l'avocat. Tout ça dans le but de financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. »

Sauf que cette année-là, c'est Jacques Chirac qui a été élu. Et l'une de ses premières décisions a été de stopper net le versement de ces commissions. En représailles de quoi, le Pakistan aurait orchestré l'attentat, estiment les parties civiles.

Pour arriver à cette conclusion, les familles s'appuient sur un rapport - nom de code « Nautilus » - resté secret pendant sept ans. « Au moment de la signature du contrat, on a imposé des intermédiaires chargés de gérer le circuit financier des commissions, lâche Olivier Morice. Quand je dis "on", je pense à Renaud Donnedieu de Vabres, à François Léotard [ministre et soutien d'Edouard Balladur]. » Sans oublier Nicolas Sarkozy. « Il est au coeur de la corruption (...). Il était ministre du Budget et c'est lui qui a mené la campagne de Balladur. » Hier, Elysée a réagi en expliquant que le Président s'inscrivait « catégoriquement en faux » contre ces « allégations » qui relevaient de la « diffamation ». W

Vincent Vantighem
Source  "20minutes"
emble
Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 09:25

… levé par la Grèce

Depuis quelques mois, même si les médias continuent d’entretenir la fable selon laquelle l’euro aurait protégé l’Europe pendant la crise, d’autres discours voient le jour, et notamment la possibilité d’un éclatement de l’euro, avec notamment la situation difficile de la Grèce.

euro-pieces_~00228CS-U Pourquoi la Grèce pourrait sortir de l’euro

La situation grecque est en effet très instable. Le pays vient de faire une opération vérité sur les chiffres du déficit budgétaire qui s’est soldée par une augmentation de la prévision de déficit de 6 à 12% du PIB pour 2009 !!! La Grèce a sans doute la pire situation financière de la zone euro, avec une dette également très importante. Résultat, elle paie aujourd’hui des taux à 10 ans de 5,77%, une prime de plus de 2 points par rapport à l’Allemagne, ce qui alourdit le fardeau de la dette.

Bref, le bénéfice de la convergence des taux du début de l’euro est un lointain souvenir. En revanche, la Grèce est aujourd’hui handicapée par l’inflation plus importante que la moyenne de la zone euro qu’elle a connu pendant les années 2000 et qui fait que les prix grecs ne sont aujourd’hui plus compétitifs, ce qui pénalise les exportations. Le pays se retrouve donc dans une situation très difficile entre sa perte de compétitivité et sa situation financière dégradée.

Comme il est clair que les autres pays ne viendront pas au secours de la Grèce, la seule solution serait une dévaluation, qui permettrait de rendre le pays plus compétitif et de dynamiser ses exportations, mais le corset qu’est la monnaie unique ne rend pas possible cette solution. La seule voie possible serait de pratiquer une politique de déflation compétitive, à la manière des pays baltes, mais une telle politique serait extrêmement brutale et aurait sans doute des conséquences sociales violentes.

Les vices de la monnaie unique

En fait, le cas grec montre malheureusement tous les travers de la monnaie unique. Les ayatollahs de l’intégration européenne essaient de soutenir que la monnaie unique nous a protégés, mais on se demande bien de quoi. Après tout, le PIB de la zone euro aura reculé de 3,8% en 2009, contre seulement 2,4% aux Etats-Unis, alors que la crise venait des Etats-Unis, et que l’effondrement du marché immobilier y a été particulièrement violent, de même que la hausse du chômage.

Alors, bien sûr, la monnaie unique a évité des dévaluations entre pays membres de la zone euro. Mais cela aurait-il été un mal ? En effet, les Etats-Unis (et la Grande Bretagne) ont amorti la crise par la dépréciation de leur monnaie, ce qui rend leurs exportations plus compétitives et les importations moins intéressantes. L’absence de monnaie unique aurait sans doute permis à la France, l’Italie ou l’Espagne d’éviter de voir leur monnaie s’apprécier autant face au dollar ou à la livre…

Plus globalement, cet épisode montre une nouvelle fois que la zone euro n’est absolument pas une zone adaptée au partage d’une même monnaie. Les pays sont beaucoup trop différents, ce qui conduit à des effets pervers importants. La politique monétaire des années 2000 trouvait le moyen d’être à la fois trop restrictive et d’handicaper la croissance de la France et l’Allemagne tout en étant trop laxiste pour l’Espagne et l’Irlande, ce qui a fortement contribué à leur bulle immobilière.

La situation difficile de la Grèce, avec celles de l’Espagne et de l’Irlande montre les limites de cette construction artificielle qu’est la monnaie unique. Il y a donc fort à parier que la zone euro se délitera au fur et à mesure que ses effets pervers pousseront certains pays vers la sortie pour retrouver de l’air…

Laurent Pinsolle

Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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