Union Gaulliste B-P-L

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" Le fait que les partisans de droite et les partisans de gauche déclarent que j'appartiens à l'autre coté, prouve précisément ce que je dis, c'est à dire que, maintenant comme toujours, je ne suis pas d'un coté, je ne suis pas de l'autre, je suis pour la France."

Charles de Gaulle (15 décembre 1965)
Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 16:30


 14th Novembre 2009 08:12am
VENTES D'ARMES A L'ANGOLA


Le président du Conseil constitutionnel estime que l'attitude de Charles Pasqua donne "une image de désespérance à l'égard de certains hommes politiques qui, par ailleurs, ont pu être des ministres respectés".

Jean-Louis Debré et Jacques Chirac. (AFP)

Jean-Louis Debré et Jacques Chirac. (AFP)

Le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, a jugé vendredi 13 novembre "très pathétiques" les accusations portées par l'ancien ministre Charles Pasqua contre Jacques Chirac dans l'affaire de l'Angolagate .
"Ca m'inspire beaucoup de tristesse, je trouve tout ça très pathétique pour tout le monde, pour la politique", a déclaré Jean-Louis Debré sur France 2.
"Lorsqu'on a été ministre, eh bien on a un comportement à l'égard de l'Etat qui est un comportement respectueux à l'égard des institutions", a-t-il jugé. "Chacun doit assumer ses responsabilités".
Selon le président du Conseil constitutionnel, l'attitude du sénateur des Hauts-de-Seine donne "une image de désespérance à l'égard de certains hommes politiques qui, par ailleurs, ont pu être des ministres respectés".

Chirac accusé de "lâcheté"


De son coté, l'ancien président de la République Jacques Chirac, mis en cause par Charles Pasqua à propos du dossier de l'Angolagate, s'est redit jeudi "favorable à la levée du secret défense".
"S'agissant de la question relative à l'Angola, le président Chirac a récemment déclaré qu'il était favorable à la levée du secret défense, si cela était utile au bon déroulement de la procédure en cours", a rappelé le bureau de l'ex-chef de l'Etat dans un communiqué.
Jeudi, devant un parterre de quelque 200 journalistes, Charles Pasqua a réaffirmé que l'ancien président Jacques Chirac et l'ancien Premier ministre Domininique de Villepin étaient au courant de cette affaire de trafic d'armes dès décembre 1995 par une note de la DGSE (sécurité extérieure) adressée à "treize destinataires" dont la présidence de la République. Il les accuse de "lâcheté" à son égard. L'ancien ministre de l'Intérieur a été condamné à un an de prison ferme dans cette affaire.
"Comment, puisque la justice a estimé que ces ventes d'armes sont illégales, ces autorités n'ont-elles rien fait pour arrêter ces opérations et ne sont-elles pas poursuivies pour complicité?", s'est interrogé l'ancien ministre de l'Intérieur, réclamant la levée du secret défense.

Pasqua reconnu coupable de trafic d'influence passif


Sur la question de la libération de deux pilotes français otages dans les Balkans, le bureau de M. Chirac souligne que "dès octobre-novembre 2001, à la fois par écrit et lors d'une audition du directeur de cabinet du président de la République, la justice a été dûment informée des conditions de l'attribution de l'Ordre du Mérite à une personne ayant oeuvré à la libération de ces pilotes, comme du remboursement des frais de logistique engagés à cette occasion".
Charles Pasqua a été reconnu coupable de trafic d'influence passif pour avoir favorisé l'attribution de l'ordre du mérite à l'homme d'affaires russe Arcadi Gaydamak. Cette décoration a été remise deux jours après le versement d'environ 230.000 euros sur le compte d'une association dont il était le vice-président.
Le bureau de l'ex-chef de l'Etat se réfère notamment à un article du Monde du 25 novembre 2001, relatant l'audition, une semaine plus tôt, du directeur de cabinet du président, Bertrand Landrieu par le juge Philippe Courroye. Bertrand Landrieu avait "indiqué que l'Elysée avait été sollicitée par Charles Pasqua, qui aurait assuré que cette décoration était destinée à récompenser une personne (...) dont le rôle avait été décisif dans la libération des deux pilotes", relatait le journal.
" Bertrand Landrieu avait ajouté que, pour cette opération, l'Elysée avait débloqué une somme de 900.000 francs, prélevée sur les fonds spéciaux", selon le quotidien.
Charles Pasqua a accusé jeudi JacquesChirac de ne jamais avoir assumé sa responsabilité dans cette affaire de décoration.
Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 08:45


(AFP) –

La garde des sceaux revient sur la réforme de la procédure pénale qui prévoit la suppression du juge d'instruction.

AFP/THIERRY ZOCCOLAN

La garde des sceaux revient sur la réforme de la procédure pénale qui prévoit la suppression du juge d’instruction.

PARIS — La garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie déclare mardi dans une interview au Monde ne pas exclure un renforcement des compétences du futur juge de l’enquête et des libertés, amené à remplacer le juge d’instruction, en lui donnant la possibilité de renvoyer un mis en cause devant une juridiction.

« En cas de contestation, peut-on prévoir que le juge de l’enquête puisse lui aussi prendre la décision de renvoi devant une juridiction? C’est l’une des hypothèse de travail» , explique la ministre de la Justice.

« Peut-on envisager l’organisation d’une audience à l’issue de laquelle le juge de l’enquête et des libertés déciderait si l’affaire doit être renvoyée? Aucune porte n’est fermée» , ajoute Mme Alliot-Marie.

Le rapport Léger, qui sert de base à la réforme de la procédure pénale dont l’avant-projet de loi est attendu début 2010, laisse le soin au seul procureur de renvoyer ou non une personne devant un tribunal. Cette compétence est actuellement dévolue au juge d’instruction dont la rapport prévoit la suppression.

Son remplacement par un juge de l’enquête et des libertés « avec un champ de compétences et des pouvoir supérieurs»  écarte tout « risque qu’un dossier sensible soit enterré» , assure encore le ministre. Un tel risque a été évoqué et dénoncé ces dernières semaines par de nombreux acteurs du monde judiciaire et politique.

Michèle Alliot-Marie, qui « s’élève contre l’idée que les procureurs seraient aux ordres» , affirme cependant qu’» il n’est pas question d’avoir un parquet en dehors de tout lien hiérarchique avec la chancellerie» . « Sinon, qui donnerait les instructions générales à mener sur tout le territoire» , interroge la ministre.

S’agissant du suivi des délinquants sexuels, la garde des Sceaux reconnaît un manque de moyens pour appliquer les dispositifs de prévention de la récidive qui se sont multipliés ces dernières années. « C’est vrai, nous manquons de psychiatres et de médecins pour travailler en prison ou pour assurer, à l’extérieur, le suivi médical des délinquants sexuels» , dit-elle.

Sur cet aspect qui « ne dépend pas»  du ministère de la Justice, elle affirme travailler avec la ministre de la Santé Roselyne Bachelot sur la question des moyens et sur la coopération avec les médecins.

Enfin, elle ajoute « à titre personnel»  n’être « pas favorable à la castration physique» . « Mais, je dis que l’opinion publique ne comprendrait pas que l’on refuse de discuter de ce sujet» , ajoute la ministre qui avait déjà estimé que la question « peut se poser et être débattue, y compris au Parlement» .

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Entretien

Michèle Alliot-Marie : « Pas de risque qu’un dossier sensible soit enterré» 

LE MONDE | 03.11.09 | 14h10  •  Mis à jour le 03.11.09 | 17h13

près le renvoi de Jacques Chirac devant le tribunal correctionnel par une juge d’instruction contre l’avis du parquet, la ministre de la justice et des libertés, Michèle Alliot-Marie, répond aux critiques que suscite le projet de réforme de la procédure pénale. Elle explique que le juge de l’enquête et des libertés, qui contrôlera l’enquête des procureurs, pourrait renvoyer une personne mise en cause devant une juridiction.

La ministre expose également les grandes lignes de la nouvelle loi sur la récidive des délinquants sexuels, présentée, mardi 3 novembre, devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, avant le débat en séance prévu les 17 et 18 novembre.

Les juges d’instruction ont récemment prouvé leur indépendance. Si vous les supprimez, n’y a-t-il pas un risque de partialité dans la conduite des enquêtes par un parquet dépendant de la chancellerie ?

On dit sur ce sujet des choses partielles, parfois partiales, dont beaucoup relèvent de l’ignorance ou de la mauvaise foi. Nous n’allons pas purement et simplement supprimer le juge d’instruction. Nous allons créer un juge de l’enquête et des libertés, juge du siège également, qui le remplacera avec un champ de compétences et des pouvoirs supérieurs. Il sera compétent pour l’ensemble des enquêtes. Il pourra ordonner à un procureur de continuer une enquête que celui-ci voulait classer, ou l’obliger à faire des actes d’investigation, à la demande de la défense ou d’une partie civile. Il n’y a donc pas de risque qu’un dossier sensible soit enterré, surtout s’il s’agit d’une affaire dont les médias se sont emparés.

Je m’élève contre l’idée que les procureurs seraient aux ordres, et feraient des actes contraires à leurs convictions. Il n’est pas bon pour une démocratie de dire que les juges ne font pas leur travail ou sont de parti pris. Ce sont des accusations infondées. Dans le cadre de la réforme de la procédure pénale, l’autonomie de l’enquête et l’indépendance des décisions du parquet seront garanties. Je veux qu’on élimine tout soupçon qui pourrait porter atteinte à l’image des magistrats.

L’une des questions clés sera de savoir qui renverra un mis en cause devant une juridiction. Jusqu’ici, il est prévu que ce soit le seul procureur…

Il est prévu effectivement que ce soit le procureur qui renvoie le prévenu devant le tribunal. En cas de contestation, peut-on prévoir que le juge de l’enquête puisse lui aussi prendre la décision de renvoi devant une juridiction ? C’est l’une des hypothèses de travail. Peut-on envisager l’organisation d’une audience à l’issue de laquelle le juge de l’enquête et des libertés déciderait si l’affaire doit être renvoyée ? Aucune porte n’est fermée.

Allez-vous revoir le statut des procureurs, et leur mode de nomination, pour l’instant dans les mains de l’exécutif ?

Il n’est pas question d’avoir un parquet en dehors de tout lien hiérarchique avec la chancellerie. Sinon, qui donnerait des instructions générales à mener sur tout le territoire ? Il y a une cohérence entre le mode de nomination des procureurs et le fait qu’ils peuvent recevoir des instructions générales et des instructions dans des dossiers particuliers. Ces dernières sont strictement encadrées. Elles ne vont pas disparaître. Elles sont publiques et, depuis mon arrivée, motivées.

Les instructions passent parfois par le téléphone…

Nous entrons à nouveau dans l’ère du soupçon ! Je veux que les magistrats échappent aux pressions de tous les pouvoirs, qu’ils soient politique, économique ou médiatique. Mon rôle est d’assurer aux procureurs qu’ils puissent mener les enquêtes en toute autonomie. La réforme de la procédure pénale le garantira.

L’affaire Clearstream, comme celle du renvoi de l’ancien président, Jacques Chirac, ne doivent-elles pas conduire à réviser les conditions de l’immunité pénale du chef de l’Etat ?

En tant que garde des sceaux, je ne peux en aucun cas me prononcer sur des affaires en cours. J’observe par ailleurs que la question du délai entre la commission des faits et les poursuites judiciaires a été évoquée lors du débat sur l’immunité pénale du chef de l’Etat. Le Parlement a tranché, et je suis là pour appliquer les textes.

Vous présentez, en novembre, un nouveau projet de loi contre la récidive. Ce texte a été présenté il y a un an en conseil des ministres. Quels éléments nouveaux y ajoutez-vous ?

Le projet de loi prévoit que quelqu’un qui a commis une agression sexuelle sera, à sa sortie de prison, automatiquement interdit de séjour dans les lieux où travaille ou habite sa victime. L’autre objectif est d’assurer le suivi médical des agresseurs sexuels, par des traitements inhibiteurs de la libido, en prison mais aussi après la sortie.

Aujourd’hui, les condamnés qui suivent un traitement médical en détention perdent le bénéfice de leur remise de peine s’ils ne respectent pas. Mais quid après ? Je propose que cette logique s’applique aux condamnés astreints à un suivi une fois libérés : ceux qui ne respectent pas leurs obligations médicales seront réincarcérés pour non-respect de leur obligation de soin.

Dans un entretien au « Figaro Magazine»  du 24 octobre, vous avez ouvert le débat sur la castration physique, qui est pourtant considérée comme une mutilation par le Conseil de l’Europe. Maintenez-vous cette proposition ?

J’essaie de faire preuve de bon sens en la matière. Francis Evrard, récemment condamné par une cour d’assises, l’avait réclamée avant l’ouverture de son procès. Je constate que cette possibilité existe dans des pays comme la Suisse ou le Canada, qui sont des démocraties.

A titre personnel, je ne suis pas favorable à la castration physique, mais je dis que l’opinion publique ne comprendrait pas que l’on refuse de discuter de ce sujet. C’est en refusant les débats qu’on fait le lit des extrémismes.

Depuis 1998, des lois sur la récidive des délinquants sexuels se sont multipliées, sans que les moyens pour les appliquer n’aient réellement suivi. Comment y remédier ?

C’est vrai, nous manquons de psychiatres et de médecins pour travailler en prison ou pour assurer, à l’extérieur, le suivi médical des délinquants sexuels. Cela ne dépend pas que de ce ministère. Je travaille avec la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, pour dégager les moyens nécessaires, mais aussi pour convaincre les médecins de participer à cette politique.

Vous publiez une circulaire de politique pénale adressée aux procureurs. Quelles en sont les grandes lignes ?

Je veux rendre la justice plus réactive, plus effective, plus protectrice des libertés. Contre le reproche de lenteur, je demande aux procureurs de développer le traitement en temps réel des affaires, les comparutions immédiates, les procédures de reconnaissance préalable de culpabilité, mais aussi les alternatives aux poursuites. Dans les cas où les affaires sont simples, il ne sert à rien d’allonger les délais. 32 000 condamnations ne sont pas exécutées. Ce n’est pas tolérable. Enfin, je demande aux procureurs de veiller aux libertés en étant vigilants sur les conditions de garde à vue et la mise à jour des fichiers judiciaires.

Propos recueillis par Cécile Prieur et Alain Salles
Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 15:54
Samedi 10 Octobre 2009 à 14:01 | Lu 9246 fois
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Député catalogué villepiniste, ancien secrétaire d'état aux transports et à la mer, François Goulard se livre à Reversus sur le gouvernement Fillon, l'ouverture à gauche, le contrôle de l'UMP par l'Elysée, et le proclès Clearstream.



Photo : Wikicommons - David Monniaux
Photo : Wikicommons - David Monniaux
Pouvez-vous nous résumer votre parcours politique ? Comment est née votre vocation d’homme politique ?

Ma vocation est très ancienne. J’étais enfant à l’époque de Mai 68 et je me suis passionné pour la politique à partir de cette période. C’est cette envie qui m’a poussé à faire Sciences-Po puis l’ENA.
Ma carrière politique commence réellement en 1997, lorsque je suis élu député après une phase d’éloignement de la politique. Auparavant je m’étais présenté aux municipales de 1983 et j’avais occupé diverses fonctions dans des cabinets ministériels entre 1986 et 1988. Entre 1989 et 1997, j’ai arrêté la politique pour entrer dans une filiale du groupe Suez. C’est plutôt par hasard que j’ai retrouvé le sentier de la politique. C’est en 1997 que je décide de me consacrer entièrement à la politique en étant élu député du Morbihan sous l’étiquette Démocratie libérale…

2)    Quel a été votre mentor à vos débuts en politique ?

J’ai n’ai pas eu vraiment de mentor, j’avais par contre une grande admiration pour le général de Gaulle. Je me définis d’ailleurs avant tout comme un gaulliste libéral. Lorsque j’ai commencé en politique, je me rappelle que j’avais beaucoup de considération pour Raymond Barre, mais à l’époque je ne faisais pas parti des chiraquiens d’origine. Ce qui ne m’a pas empêché de m’entendre très bien avec lui par la suite…

3)    Votre carrière s’accélère lorsque Démocratie Libérale rentre dans le giron de l’UMP à partir de 2002 ?

Non, je ne crois pas, mon parcours politique est vraiment lancé à partir de mon élection au poste de député en 1997. Concernant l’UMP, je n’étais d’ailleurs pas au départ un des plus ardents partisans de sa création.  L’UMP est une machine électorale relativement bien organisée, elle a simplifié la vie politique à droite. Au temps d’Alain Juppé, j’étais d’ailleurs membre de la commission exécutive du parti, j’étais secrétaire général adjoint, et à l’époque nous avions une vraie vie au sein du parti.
C’est-à-dire qu’il y avait des débats, des affrontements. Alain Juppé était soucieux de respecter les divergences d’opinion et les règles du parti. Tous les quinze jours, le bureau politique se réunissait pour débattre des grands sujets de société. Tout ceci s’est arrêté depuis. Aujourd’hui l’UMP est une machine réductrice.

4)    En 2004, avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de l’UMP…

Là, le mode de fonctionnement a complètement changé, l’objectif était désormais de servir exclusivement les intérêts d’un homme. Je ne dis pas que ce n’est pas un choix logique et stratégiquement judicieux, je note juste ce changement d’orientation.

5)    Aujourd’hui, est-ce que l’UMP a un fonctionnement véritablement démocratique ?

Absolument pas. Il n’y a pas de fonctionnement démocratique. Je dirais que ce n’est pas tellement une question de démocratie, parce qu’il y a toujours des élections. Mais ce que je souhaite dire c’est qu’il n’y a pas de président élu au sein de l’UMP. Le Parti est désormais dirigé depuis l’Elysée.
C’est un vrai changement par rapport à la conception traditionnelle de la présidence de la République, qui a toujours été conçue comme un magistère au dessus des partis. Aujourd’hui le chef de l’Etat reste en quelque sorte chef de son parti. Du coup, l’UMP est devenu un instrument politique et n’est plus ce lieu de débat où des sensibilités différentes pouvaient s’exprimer.

6)    Revenons sur votre période ministérielle. Comment devenez-vous secrétaire d’Etat aux Transports et à la mer en 2004 ? On rappelle que vous étiez alors maire de Vannes et député du Morbihan.


Lors de la constitution du gouvernement en avril 2004, Jean-Pierre Raffarin, que je connaissais très bien puisque nous étions ensemble à Démocratie Libérale, m’appelle pour me proposer ce poste. J’étais un député assez actif, à la fois dans l’opposition et après dans la majorité, et je fais donc mon entrée au gouvernement dans un poste intéressant couvrant un vaste domaine technique. Vous vous doutez qu’en ma qualité de breton et de marin, la mer m’a toujours attiré. Mais ça n’a duré qu’un an, ce qui est très court pour un poste ministériel.

7)    Pour quelles raisons ?

En 2005, Dominique de Villepin devient Premier Ministre et me propose le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. J’avais plus d’autonomie et cela m’a véritablement passionné. C’est à ce moment que nous avons mis en place l’Agence Nationale de la Recherche et favorisé le rapprochement des différentes institutions de recherche. Nous avons également réalisé un gros travail de fond au niveau de l’orientation. Ce n’était pas là des réformes spectaculaires, il n’y avait aucune volonté de faire de l’affichage politique. J’avais pour mission de ne pas toucher aux grands textes, puisque nous nous trouvions en fin de période et que nous visions avant tout le calme dans un secteur qui a toujours été assez réactif.

8 ) A l’instar de Jacques Le Guen, faisiez-vous partie de cette « task force »  dirigée autour de Dominique de Villepin ?

Oui, je faisais partie de ces ministres et de ces parlementaires proches de Dominique de Villepin, donc je le voyais très fréquemment. En fin de semaine, nous avions une réunion pour évoquer différents sujets politiques et bien sûr tous les sujets sur l’emploi – quand on est chargé de la formation des étudiants, ça paraît tout naturel.

9)    Quelle est votre ambition aujourd’hui en tant que parlementaire au sein de la majorité, catalogué comme villepiniste ?

Aujourd’hui, en tant que député, je reconnais avoir encore l’ambition de faire évoluer l’action publique, mais cette volonté d’action est quelque peu frustrée. C’est vrai qu’il est plus agréable de pouvoir avoir une intervention directe sur le cours des choses.

10)    Vous trouvez que le parlement a un rôle moins important que par le passé?

En France, il faut savoir que le Parlement n’a jamais eu un rôle très important. On se souvient de la IIIème et de la IVème Républiques, où les majorités successives au Parlement faisaient et défaisaient les gouvernements, mais ce n’est pas pour autant que le Parlement avait un rôle décisif en tant que tel.
Sous la Vème République, on est allé assez loin dans la réduction des libertés du Parlement avec ce que l’on a appelé le parlementarisme rationalisé. D’ailleurs, contrairement à ce que l’on croit, la tradition française n’est pas d’avoir un parlement fort. Certes, elle a longtemps eu un exécutif faible, mais depuis la Vème République, la donne est inversée. L’exécutif est fort, mais le Parlement a toujours une importance relativement faible surtout aujourd’hui. La révision constitutionnelle n’a strictement rien changé. Le Parlement ne joue pas son rôle de contre-pouvoir et de vrai pouvoir législatif en France. A titre personnel, je le regrette.

11)    Pourtant, vous avez fait partie des députés qui se sont opposés au projet de loi HADOPI : le Parlement a su se faire entendre à ce moment là. Votre avis sur le sujet a-t-il évolué avec la nomination du nouveau Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand ?

La voix a changé, le ton a changé mais c’est tout. Aujourd’hui, il ne peut plus y avoir de Parlement fort lorsque tous les pouvoirs sont concentrés à l’Elysée. Pour être fort, le Parlement doit exercer la plénitude de ses attributions, puisque le gouvernement est responsable devant le parlement.
Aujourd’hui, les décisions sont prises par des conseillers de l’Elysée, les ministres n’ont qu’un rôle de subalterne pour beaucoup d’entre eux et font au mieux de la figuration – qu’on hésite d’ailleurs parfois à qualifier d’intelligente…

12)    Nicolas Sarkozy arbitre bien souvent entre ses super conseillers (Soubie, Levitte, Ouart..) et ses ministres. Un membre du gouvernement n’a-t-il pas dit à un ancien ministre villepiniste, « tu ne reconnaîtrais plus le job »?

Oui, la même chose m’a été dite par des membres du gouvernement actuel et par des gens que je connais très bien puisque j’ai siégé avec eux au gouvernement.

13)    Même entre membres du même gouvernement, on a l’impression que les relations sont assez tendues.

C’est  n’est pas nouveau, il y a toujours eu des conflits au sein des gouvernements, tout simplement parce que l’on est soumis à des tensions fortes qui exacerbent les oppositions. Mais aujourd’hui, ce qui est surtout marquant, c’est que les ministres sont en attente de décisions qui viennent de l’Elysée, mais pas forcément du Président et encore moins de Matignon.
Des ministres m’ont raconté qu’ils étaient quelque fois convoqués à des réunions à l’Elysée auxquelles le Premier Ministre ne participait pas. Le Premier Ministre est complètement court-circuité, ce qui est inconcevable quand on lit notre Constitution.

14)    Le discours au Congrès, c’est l’affirmation d’un régime présidentialiste. Est ce que vous pensez que le système mis en place par Nicolas Sarkozy va perdurer ?

Je pense que cela dépendra évidemment beaucoup de la personnalité qui lui succèdera. Il lui faudra beaucoup de détermination s’il a l’intention de revenir à une pratique plus conforme au texte de la Constitution, parce que la personnalisation du pouvoir mise en place par le Chef de l’Etat est une réelle facilité pour l’opinion et les médias. Il faut bien comprendre que l’opinion perçoit l’action gouvernementale à travers les médias et par rien d’autre.
Personne ne lit un texte de loi ou pratiquement personne, personne ne s’informe sur les documents financiers concernant les dépenses publiques de notre pays. Et les médias, qui sont avant tout télévisuels, ont une tendance à la simplification, car un sujet télévisé doit être extrêmement bref, les histoires doivent pouvoir être racontées en quelques mots. Les journalistes ont une tendance naturelle à la simplification : «le président a dit que», « il veut que »…
C’est évidemment plus simple que de décrypter des arbitrages entre membres du gouvernement et du parlement, et c’est beaucoup moins compréhensible dans une démocratie médiatique. Le système actuel est une tentation à laquelle nous aurions du résister, mais il n’empêche que revenir en arrière, sera très difficile, j’en suis persuadé.

15)    Que pensez-vous de la stratégie d’ouverture déployée par Nicolas Sarkozy ? Pourra-t-on un jour renouer avec l’ouverture pratiquée par le Général de Gaulle ou bien même Valéry Giscard d’Estaing ?

J’y crois modérément, ce n’est pas impossible. Je pense que pour le bon fonctionnement de notre démocratie, il faut une gauche et une droite. De plus, dans un gouvernement, le principe de solidarité peut poser de vrais problèmes. L’ouverture actuelle ressemble plus à du débauchage. Si l’on prend les cas de Besson ou de Bockel, bien qu’anciens socialistes, ils n’ont influé en rien sur la politique gouvernementale. Ce ne sont que des faire-valoir.

16)    En ce qui concerne les régionales, comment interprétez-vous les difficultés que rencontre Jacques Le Guen avec les primaires de l’UMP ?

Jacques Le Guen a été désigné par une majorité de militants UMP, et puis une candidate apparaît et remet en cause ce scrutin. Nous savons pertinemment qu’elle est envoyée par l’Elysée afin de ne pas laisser un villepiniste conduire la bataille des régionales en Bretagne. C’est également comme une marque de méfiance à l’égard de la classe politique bretonne.

17)    On se rappelle toujours de cette phrase dans le livre, L’Aube, la nuit et le jour, de Yasmina Reza, dans laquelle Nicolas Sarkozy lâche : « Je me fous des bretons ». Vous pensez qu’il a des difficultés à comprendre cette région ?

Oui, car dans une région comme la Bretagne, on accepte difficilement sa pratique du pouvoir. Nicolas Sarkozy parle aux électeurs en fonction de leur qualité, un jour de consommateur, un autre de gens soucieux de leur sécurité, à la manière dont le JT leur parle, et il n’a jamais tenu compte de la dimension territoriale. Ensuite, la Bretagne est une terre d’accueil, et les thèmes d’immigration ou de sécurité y passent donc plus difficilement.

18)    Que pensez-vous de la crise que rencontre le monde de l’agriculture et de la pêche?

Concernant la pêche, il y en a plusieurs types, mais il est certain que la pêche hauturière pour une région comme la Bretagne, ou pour la France en général, n’a pas devant elle un avenir très réjouissant.  Ce type de pêche, où les navires parcourent de longues distances, aura du mal à subsister dans des ports français, pour des raisons liées au coût du carburant. Il faut donc ménager les transitions et permettre les reconversions. L’Europe a été plutôt mauvaise dans ce domaine-là, avec des normes et des règles qui n’étaient pas très judicieuses et qui n’ont rien arrangé à l’évolution de ce secteur.

19)    Concernant l’agriculture, c’est actuellement la crise du lait, un label va être apposé, est-ce une bonne solution ? Comment sortir de cette crise laitière ?


Autant on attache de l’importance à l’origine de la viande, autant pour le lait cela paraît moins évident. Aujourd’hui, nous avons une baisse des cours mondiaux et des capacités de production aux coûts élevés, il faut donc envisager une réduction de la production française, faute de quoi nous ne trouverons jamais un équilibre satisfaisant.
On peut sans doute le déplorer mais aujourd’hui il y a une évolution lourde en Europe qui est due à l’amenuisement progressif de la Politique Agricole Commune (PAC), et nos partenaires européens n’admettront pas éternellement qu’on y consacre une part aussi significative du budget. Il faut donc s’y préparer en mettant fin d’abord aux inégalités flagrantes dans la répartition des aides européennes. Je suis par exemple très choqué qu’on consacre l’essentiel des aides aux céréales, ça n’a pas de sens, on aurait du anticiper plus rapidement les évolutions de ce secteur.
L’agriculture est une activité économique, ce sont des métiers, ils doivent trouver leur justification économique dans le monde actuel. Cependant cela ne marchera pas sur n’importe quelle production et dans n’importe quelles conditions. Prenons l’exemple du lait, son prix va immanquablement se caler sur le prix mondial; on peut donc produire peut-être encore à ces conditions en partie en France, mais on peut aussi développer d’autres productions, parce que les fromages non industriels sont très consommés et sont fabriqués à partir de lait produit localement.
Nous avons encore beaucoup d’évolutions à conduire, et il ne faut surtout pas perdre de vue que l’on s’éloigne du modèle économique traditionnel où les produits de vente de la production agricole devaient toujours permettre d’assurer les ressources des agriculteurs. L’Etat doit être présent pour aménager ces transitions, ces reconversions.

20)    Que pensez-vous de la position de Bruno Le Maire sur les subventions?

Il a eu raison, il a tenu un langage de vérité. Certes, il y a une marge de discussion avec la Commission, mais rejeter d’emblée le principe des sanctions c’est idiot, parce qu’en tout état de cause elles seront appliquées. Son raisonnement est donc plutôt logique.

21)    Enfin, quel est votre sentiment sur le procès Clearstream ? Pensez-vous qu’il y a un risque d’instrumentalisation de la Justice ?

Il y a une volonté manifeste d’utilisation politique de ce procès. C’est quand même assez inouï que le Procureur de Paris s’inviter sur une radio pour donner son sentiment. Nous avons vu également des éléments d’instructions divulgués dans la presse quelques semaines avant le début du procès. Il y avait de toute évidence une volonté d’influencer les esprits bien avant le début du procès. Il y a des manœuvres délibérées pour créer un climat défavorable à Dominique de Villepin.

22)    Jean-Pierre Grand parlait d’un « Soljenitsyne de notre époque ». Pensez-vous qu’il est déjà condamné par avance ?

Non, absolument pas, et d’ailleurs s’il l’était, tous ces efforts pour le discréditer seraient superflus. Et au contraire, ces éléments fragilisent le procès.
Je suis convaincu que Dominique de Villepin sera innocenté.

Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 08:37

  L’islamisation de l’Europe et de la France:

Cette politique d’immigration a, bien entendu, eu pour conséquence l’islamisation de l’Europe et de la France. Cela fait des dizaines d’années que l’islam est devenu la deuxième religion de France. Les Français n’ayant pas le droit de connaître le nombre de musulmans présents sur le territoire national, comme d’ailleurs les effectifs de toute autre communauté religieuse puisqu’il est interdit de spécifier l’appartenance religieuse sur les recensements, force est d’utiliser les rapports établis à l’étranger pour avoir une vision plus exacte de ce qui se passe dans notre pays et en Europe . Un décompte exact du nombre de musulmans serait fortement utile pour l’analyse de nombreux problèmes nationaux et internationaux, comme les récentes émeutes afro-maghrébines qui ont embrasé la France, mais le politiquement correct interdit toute démarche scientifique en ce sens.

Les analystes américains s’accordent sur le chiffre de 23,2 millions de musulmans installés dans toute l’Europe , soit 5% de sa population, sans inclure la Turquie. En incluant celle-ci, le nombre de musulmans atteindrait le chiffre de 90 millions soit 15% de la population européenne. En 1945, elle n’en comptait qu’un million. La population musulmane européenne a plus que doublé en trente ans et son accroissement ne fera que s’accélérer. Un nouveau doublement de cette population devrait intervenir d’ici à 2015, soit dans les dix années à venir.

Les musulmans ne sont pas également répartis entre les pays européens, ils se concentrent principalement sur quatre pays : la France, l’Toutemagne, la Belgique et les Pays–Bas. Le décompte serait de 5 millions pour la France, 4 millions pour l’Toutemagne, 364.000 pour la Belgique et 886.000 pour les Pays-Bas. Il est à remarquer qu’en vingt ans, la population musulmane de l’Toutemagne a plus que doublé passant de 1,8 million à 4,9; pour les Pays-Bas le nombre est passé de 400.000 à 886.000 . Cette population se concentre également dans quelques aires urbaines, ainsi la région Ile-de-France arriverait en tête avec 38 % de musulmans dans sa population , Paris intra-muros et Bruxelles compteraient un pourcentage de 15% de musulmans dans leurs populations, Marseille 25% et Amsterdam 10% .

Le nombre de musulmans en France est l’objet de nombreux débats puisque aucune statistique vérifiable n’est disponible. Les chiffres donnés par les analystes se basent sur le pays d’origine de la personne et de ses parents. Les convertis ne sont donc pas comptés. Les immigrés clandestins ne sont pas comptabilisés par définition et la part des musulmans parmi ceux-ci ne doit pas être négligeable. Rappelons que la population française compterait 15% d’immigrés, sans compter les immigrés clandestins .

Les chiffres publiés indiquent de 4 à 6 millions de musulmans en France. 4 millions est un chiffre qui semble sous-estimé, 6 millions est un chiffre certainement plus réaliste. Ce dernier chiffre est d’ailleurs avancé par le Cheik Abbas de la Grande Mosquée de Paris . L’U.S. Department of State, dans son rapport annuel international sur les religions, conserve le chiffre de 5 millions de musulmans en France. Selon les chiffres retenus, soit 3 millions, 4 millions ou 6 millions nous obtenons des pourcentages allant de 5 à 10% de la population. Nous nous rangeons à l’avis du Cheik Abbas et nous estimons qu’un chiffre de 6 millions de musulmans installés en France est un chiffre réaliste, cela nous donne un pourcentage de 10% de la population française .

Quelques indices peuvent faire penser que ce chiffre sous-estimerait la situation réelle. Ainsi l’armée française estime qu’elle compte dans ses effectifs de 10 à 20 % de musulmans , ce qui est considérable. Si nous appliquons cette fourchette à la population totale de la France, nous arrivons à des chiffres de 6 à 12 millions. Cependant l’armée peut effectivement avoir une sur-représentation de musulmans par rapport à l’ensemble de la population française par le simple fait que cette population est plus jeune et donc plus présente dans les effectifs militaires.

Un point sur lequel tous les analystes sont d’accord est que la France détient le record du pourcentage de musulmans dans sa population totale. Nous estimons qu’ils sont au minimum 10%, mais même en retenant un chiffre plus bas comme 5 millions de musulmans, nous obtenons un taux de 8% de la population qui reste le taux le plus élevé d’Europe, ensuite viennent les Pays-Bas avec 5,5% de musulmans et l’Toutemagne avec 4,9% de musulmans . Les analystes s’accordent sur le doublement du nombre de musulmans installés en France en vingt ans (de 1983 à 2003), passant de 2,5 millions à 5 millions, si nous retenons ce dernier chiffre. Approximativement 50% des musulmans vivant en Europe y sont nés car l’immigration a changé de nature, ce ne sont plus des travailleurs qui viennent pour quelques années, ce sont des familles entières qui s’installent. En ce qui concerne la France, la politique de regroupement familial instaurée par le Président Valéry Giscard d’Estaing en juillet 1974 a évidemment stimulé l’immigration. Si l’immigration de travail ne représente que 5 % des entrées en France en 2004 et 7 % en 2005 comme nous l’avons déjà relevé, le regroupement familial totalise quant à lui 73 % des entrées ! . La France est confrontée à une véritable colonisation de peuplement. Cette population musulmane est beaucoup plus jeune que l’ensemble de la population et beaucoup plus féconde. 1/3 des musulmans vivant en France ont moins de vingt ans et plus de 15% des jeunes de 16 à 25 ans seraient musulmans . Ils bénéficient d’une fécondité beaucoup élevée que la fécondité moyenne des femmes vivant en France qui s’établit à 1,94 enfant par femme en 2005 : La fécondité des Algériennes serait de 4,4 enfants par femme, à la deuxième génération cette fécondité se situerait à 3,5 enfants par femme, en ce qui concerne les Marocaines leur fécondité s’établirait à 5,8 enfants par femme puis à 3,5 pour la deuxième génération, les Tunisiennes auraient une fécondité qui s’établirait à 5,1 et à 4,2 à la deuxième génération . Rappelons que si aujourd’hui la France a la fécondité la plus forte de l’Union européenne c’est grâce à l’apport de la fécondité des femmes issues de l’immigration.

Ces informations conduisent au constat suivant: la part de la population musulmane ne pourra que s’accroître dans l’avenir tant en Europe qu’en France, d’abord par son dynamisme démographique, car elle a l’avantage d’être plus jeune et d’avoir un indice de fécondité beaucoup plus élevé que l’ensemble de la population européenne, et d’autre part par la poursuite de la politique d’immigration massive menée par les différents gouvernements afin de compenser le déficit démographique de l’Europe et le vieillissement de sa population. Ce vieillissement de la population incitera de plus en plus les politiques à poursuivre et à accroître l’entrée des étrangers en France. D’après l’INSEE, en 2050, la France devrait compter 64 millions d’habitants avec 35% de la population âgée de plus de 60 ans. Cette population âgée sera en très grande majorité française «de souche», suivant l’expression consacrée, alors que les actifs et les jeunes auront un pourcentage beaucoup élevé qu’aujourd’hui d’individus d’origines étrangères et en particulier arabo-musulmane. Cela sera la conséquence du départ en retraite des grands contingents de Français nés dans les années du baby boom qui a commencé en 2005, remplacés en partie par les générations creuses qui ont suivi. La part des immigrés ou des Français issus de l’immigration sera de plus en plus importante au sein de la population active. En 2050, une grande proportion de la France active sera d’origine étrangère, surtout si le gouvernement applique une politique de discrimination positive pour les «minorités visibles», c’est-à-dire noire et arabe, en oubliant les Asiatiques. Certains analystes américains estiment que la part de la population musulmane de l’Europe s’établirait en 2050 à 20%.

Cette situation et ces prévisions amènent des analystes américains à estimer que la part des musulmans dans la population française atteindra, en 2025, le quart de sa population et en 2050, la moitié de sa population . Cette accélération de l’islamisation de la France se doublera d’une autre accélération: celle des départs des Français les plus actifs. Cela fait plusieurs années que de nombreux Français quittent leur pays pour fuir une pression fiscale trop forte, les jeunes hauts diplômés trouvant plus facilement à l’étranger des emplois au niveau de leur qualification avec des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Il y aurait aujourd’hui près de 2.200.000 Français installés à l’étranger dont près de 50% de jeunes de moins de 35 ans . Les conséquences des émeutes de novembre 2005 devraient d’ailleurs accélérer cette fuite car celles-ci auront des conséquences économiques et fiscales, le coût des dégâts subis et de la paix sociale dans les banlieues émeutières devant être financé d’une manière ou d’une autre, c’est-à-dire par les contribuables.

D. Les dangers de l’islamisation de la France:

L’ouverture des frontières aux immigrés provenant des pays arabo-musulmans s’est faite quelques années seulement avant que la ré-islamisation de ces populations ne s’engageât, c’est-à-dire à partir de la révolution iranienne de 1979. Ce processus, les musulmans installés en France l’ont connu et il ne fait que progresser par l’apport constant de nouveaux immigrés. Cette présence de plus en plus affichée de l’islam en France a entraîné un processus de conversion d’un certain nombre de Français à cette religion.

Beaucoup d’immigrés de cette religion refusent l’intégration, celle-ci est devenue une notion parfaitement dépassée à moins qu’elle ne soit considérée par les plus perspicaces comme une arme de conquête. Les musulmans revendiquent une place de plus en plus grande pour leur culture politico-religieuse et veulent imposer les règles de celle-ci à l’ensemble de la société . En effet, un musulman ne peut vivre pleinement sa foi que dans une société musulmane. Il ne peut pas manger n’importe quelle nourriture, il doit prier cinq fois par jour, il doit respecter les fêtes musulmanes, il ne doit pas fréquenter de femmes ni même les voir, etc. D’où le refus de la mixité, la demande récurrente de l’introduction de la viande halal dans les écoles, le refus de certains élèves de chanter ou de dessiner des personnages, la revendication de pouvoir porter le voile dans tous les lieux publics y compris dans les établissements scolaires, la revendication d’heures de pose dans les entreprises afin de pouvoir prier, la revendication de ne pas avoir d’examens ou de contrôles pour les élèves le jour de leurs fêtes, etc.

Les musulmans considérant posséder la religion la plus juste, puisque créée par le dernier des prophètes, le «sceau des prophètes», Mahomet, pourquoi devraient-ils s’intégrer à une civilisation occidentale qui, pour eux, correspond à la tolérance de l’homosexualité (punissable de la peine de mort dans les pays appliquant la charia), à la tolérance de l’adultère (punissable de la peine de mort suivant le Coran, sourate IV, verset 15), à la tolérance des rapports sexuels entre célibataires de sexes opposés, ce qu’ils appellent: «la fornication» (punissable de cent coups de fouet , sourate XXIV, verset 2). De plus, la civilisation occidentale pose le principe de l’égalité des droits entre les hommes ce qui est parfaitement incompatible avec l’islam, puisque le Coran stipule qu’un musulman est supérieur à un non-musulman (sourate III, verset 139), elle prône aussi l’égalité entre les femmes et les hommes ce qui est également contraire au texte du Coran (sourate IV, verset 34), etc. En résumé, la civilisation occidentale est une civilisation décadente et perverse, responsable de l’apparition du sida et de sa transmission (ce qui n’est pas vraiment faux puisque l’Occident a scandaleusement vendu des pochettes de sang contaminé à certains pays d’Afrique noire et du Maghreb). La solution à tous ces maux est l’islam . Nous voyons donc que la présence d’une communauté musulmane de plus en plus importante en France entraînera automatiquement de plus en plus de pressions pour que la société française évolue vers une société en accord avec les préceptes coraniques.

Cela fait quatorze siècles que les musulmans ont été orientés vers la bonne voie et libérés de l’erreur par leur prophète et ils n’attendent rien du monde occidental. Dire que les Occidentaux vont leur apporter la démocratie ou les Droits de l’Homme se traduit pour eux par une volonté de l’orgueilleux Occident d’appliquer des principes issus d’une société décadente et laïque. Ils considèrent, au contraire, que ce sont eux qui ont quelque chose à apporter à l’Occident: l’islam, car c’est l’Occident qui est prisonnier de ses erreurs puisque majoritairement non-musulman. Dans cette optique, par exemple, le but connu des Frères musulmans est de conquérir l’Europe chrétienne et d’en faire un continent musulman. La haine de la civilisation occidentale et des «croisés» est de plus en plus alimentée et encouragée par les prêches d’imams virulents dans certaines mosquées. À cette virulence, s’ajoutent un antisémitisme et un anti-sionisme de longue date. L’augmentation des actes antisémites ces dernières années en France en est le reflet.
Comme l’a fait si justement remarquer Denis Lambert: «Ne nous trompons pas de siècle. Les grandes invasions ne se font plus en chars (…), mais en charters. Les grandes agressions ne se font plus par canonnades mais par immigration, par attentats ou par missiles.»

Les émeutes de novembre 2005, véritables «pogroms anti-français», menées par des afro-maghrébins à majorité musulmane aux cris: «Toutah Akbar!» et de «Sarkozy sale juif!» , mettent en évidence le fait que la France est en état de guerre depuis plusieurs années. Le pays est en effet confronté à un conflit de basse intensité et asymétrique.

Ce conflit qui n’engage pas des corps d’armées et des divisions blindées est un conflit plus politique que militaire et a pour but de vaincre l’adversaire par sa dé-légitimation. Ce conflit de basse intensité se caractérise par la mort de citoyens tout simplement parce qu’ils sont là au mauvais moment , par des agressions comme dans le train Nice-Lyon du 1er janvier 2006, des incendies de voitures qui atteignent une moyenne journalière de plus d’une centaine d’automobiles , des destructions régulières d’équipements et d’établissements publics, des destructions d’établissements privés, des agressions répétées et régulières contre les forces de police, les pompiers et généralement de tout représentant de l’Etat ou des collectivités locales. Il se caractérise aussi par le développement de territoires que l’Etat ne contrôle plus et de la remise en cause des valeurs républicaines comme la laïcité, la mixité, etc. Le terrorisme intellectuel est l’arme la plus utilisée dans le conflit que connaît la France, il prend la forme du politiquement correct, d’accusations de racisme parfaitement non fondées, de la volonté de culpabiliser la France pour son passé colonial, etc. L’objectif est toujours le même: rendre illégitime le pouvoir politique afin de le conquérir ou tout au moins de le contrôler, ce qui est en passe de se réaliser. Dans ce conflit, aucun citoyen n’est à l’abri, car les crimes, les agressions, les destructions et les troubles de toutes natures se perpétuent au sein de la population civile afin d’y détruire les liens sociaux. L’objectif est également de parvenir à asseoir le contrôle sur une partie des institutions de la société française, l’école étant une cible privilégiée. Il arrive que ce conflit ait des poussées de fièvre qui le généralise géographiquement et l’aggrave momentanément comme lors des émeutes de novembre 2005. Les morts , les incendies de voitures, d’autobus, d’écoles et de bâtiments divers que causèrent ces émeutes ne furent pas des nouveautés en soit, ce furent l’ampleur et la durée de ces évènements qui en ont fait l’originalité.

Ce conflit de basse intensité est aussi une guerre asymétrique. Car les moyens sont disproportionnés entre ceux de l’Etat français et ceux des délinquants. Le principe de la guerre asymétrique consiste à attaquer un adversaire beaucoup plus puissant que vous et de parvenir à le paralyser idéologiquement, l’empêchant ainsi d’utiliser les moyens dont il dispose. L’Etat français entre dans ce cas, ce qui explique que les émeutes de novembre 2005 aient pu durer quatre semaines. L’Etat français, cinquième puissance mondiale, a été incapable de maîtriser les émeutiers des banlieues et les émeutes se sont relativement apaisées sans que l’action de la police y soit pour quoi que ce soit.

Il n’est pas impossible que dans l’avenir ce conflit de basse intensité que connaît la France ne mute en une véritable guerre civile. Les stocks d’armes de guerre découverts régulièrement dans les banlieues, comme en décembre 2005 à Clichy-sous-bois, commune où ont débuté les émeutes de novembre 2005, démontrent l’existence d’un danger très réel de guerre civile. L’exemple de la Côte d’Ivoire devrait nous avertir, la guerre civile que connaît ce pays est liée à la présence de 26 % d’étrangers sur son sol (estimation de 1998) et certains hommes politiques ivoiriens parlent de 40% d’étrangers présents dans le pays. Cette population étrangère veut tout naturellement prendre une partie du pouvoir politique et pour cela n’hésite pas à utiliser la force armée.

Avec des musulmans qui représenteraient, en 2025, 25% de sa population, la France atteindrait un seuil de non-retour et dans cette perspective, si les prévisions démographiques se réalisent, les musulmans devraient à un moment donné prendre le contrôle politique de la France. En effet, l’accroissement du nombre de musulmans en France s’accompagnera d’une prise de conscience de leur poids politique et d’une volonté de détenir les instances représentatives du pays; conscience qui a déjà pris naissance lors des manifestations de 2004 contre la loi sur les signes religieux à l’école, lorsque des femmes voilées brandissaient leurs cartes d’électrices.

D’un point de vue géostratégique, l’apparition d’une France à majorité musulmane bouleverserait les données. Le fait que les musulmans prennent à terme le contrôle de la cinquième puissance mondiale avec sa force nucléaire entraînerait le risque d’un renversement d’alliance avec les pays anglo-saxons. Si les relations entre la France et les Etats Unis ont connu des crises, les mêmes principes démocratiques et les mêmes valeurs culturelles leur permettaient de surmonter ces crises et de rester alliés. Ce ne sera plus forcément le cas si la France devient majoritairement musulmane.

L’évolution de la politique française vis-à-vis de la situation au Proche-Orient serait inéluctable. Une France musulmane ne pourrait qu’accentuer une politique étrangère déjà pro-arabe.
L’anti-américanisme qui s’est développé en France ces dernières années ne devrait pas rendre très difficile ce retournement d’alliance dans une opinion déjà conditionnée par les médias à voir dans les Etats Unis les causes des maux de ce monde.

L’islamisation ne se cantonnera pas à la France, elle se poursuivra en Europe, comme les Frères musulmans le prévoient , et la France ne serait que le premier maillon d’une série de pays européens à se transformer en pays musulman, d’autres états la suivront: la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne sont les mieux placés pour connaître, eux aussi, ce scénario. Dans cette perspective, l’Union européenne s’ouvrirait non seulement aux Turcs, mais aussi aux pays du Maghreb et de l’Afrique du Nord: l’Eurabia deviendra ainsi une réalité concrète et signera la fin de la civilisation occidentale en Europe.
L’avenir de la France se jouera dans les trente prochaines années parce que l’islamisation s’inscrit plus dans son avenir que dans son présent. Sa survie dépendra de la capacité des responsables politiques français à avoir le courage de reconnaître le danger et à avoir la volonté de le combattre. Le pays où vivront nos enfants et nos petits-enfants aura un visage différent selon que cette volonté existe ou non.



Louis CHAGNON .
Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 09:11

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Jean-Benoît ST-CRICQ

Avant 2014, achever la carte de l'intercommunalité et rationaliser la carte des syndicats de communes, ne plus créer de nouveaux "pays", élire les organes délibérants des EPCI au suffrage universel direct, créer par la loi onze premières métropoles. À compter de 2014, permettre aux intercommunalités de se transformer en communes nouvelles, réduire d'un tiers les effectifs maximaux des exécutifs intercommunaux, confirmer la compétence générale des communes et spécialiser les départements et régions.

 

Le 2 octobre dernier se tenait à NANTES sous l’égide du Conseil National du Barreau un colloque sur la Réforme des Collectivités locales. Sujet d’intérêt s’il en est, animé par Mr Thierry WICKERS Président du Conseil National des Barreaux, de Mr Philippe JOYEUX, Bâtonnier de NANTES,  Mr Thibault ADELINE-DELVOLVE, avocat au Barreau de Versailles, Mr Jacques FIALAIRE, professeur à la faculté de droit de l’université de Nantes, Mr Alain HUNAULT, Maire de Chateaubriant, Président de la Communauté de commune du Castelbriantais, Mme Sandrine SAUZIN, avocat au Barreau de Versailles avec la participation de Monsieur Jacques AUXIETTE, Président PS du Conseil Régional des Pays de la Loire et de Monsieur Patrick MARESCHAL, Président PS du Conseil Général de Loire Atlantique. En dehors de toute appréciation de politique partisane, il fut question d’examiner les termes de l’actuel avant projet de Loi, puisque la Réforme se précise.

 

En effet, le rapport de la Cour des Comptes de 2005 avait stigmatisé les errements du système actuel, datant de 1992, les difficultés créées par d’aussi nombreux niveaux d’administration dans notre pays, un véritable mille feuille avec Communes, Communautés d’Agglomérations ou Syndicats de Communes, Départements, Régions et Etat, la question de la compétence générale partagée dont bénéficient ces multiples acteurs et le caractère dépensier des structures que sont les EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale constitués par les Communautés d’Agglomérations ou les Syndicats de Communes).

 

A l’époque, chacun se souvient des vives critiques décernées à notre Communauté d’Agglomération qui était présidée par Monsieur BOROTRA, pour son irrespect des règles de compétence et son caractère dépensier. La CABAB fut pointée du doigt comme le vilain petit canard de la portée, exemple emblématique de ce qu’il ne fallait pas faire. Depuis l’élection de Monsieur GRENET, les choses vont bien mieux.

 

Ainsi, la réforme vise, à travers une modification des institutions à améliorer le fonctionnement des ces EPCI et à éviter le dévoiement du système que nous avons connu sur la Côte Basque, à savoir, le détournement de l’institution communautaire à des fins purement communales. Il est clair que l’idée du législateur, en créant ces groupements de communes, était de mutualiser les moyens pour permettre de réaliser des équipements communs plus ambitieux et moins coûteux grâce aux économies d’échelle réalisées. Or, on a assisté à des dérives, l’argent étant employé à des fins de subventions de projets exclusivement communaux et non intercommunaux, ce qui revenait à saupoudrer les fonds prélevés par la fiscalité des EPCI et à perdre tout l’avantage de la mutualisation des ressources. Qui voulait sa médiathèque, qui sa salle de sport, qui sa maison des associations, etc… Et, au lieu d’améliorer nos finances, les gestionnaires des ces EPCI n’ont fait que creuser le trou de nos finances publiques, déjà fort mises à mal.

 

Tel était le constat du rapport de Monsieur SEGUIN Président de la Cour des Comptes en 2005. L’avant projet de Loi propose donc une solution pour tenter d’améliorer les choses : la désignation des Conseillers des EPCI par le suffrage universel. Cette mesure était unanimement attendue car l’actuelle composition des assemblées intercommunales avec des conseillers issus des conseils municipaux et non élus directement posait vraiment problème, ceux-ci étant nécessairement inféodés à leur collectivité d’origine et n’ayant pas de vision communautaire par nature.

 

La réforme devrait améliorer la situation car, en effet, un exécutif élu qui se doit de présenter un programme électoral est nécessairement attentif à l’obtention de résultat tangibles. Autant dire qu’il sera moins facile de détourner les fonds collectés par l’impôt de leur objectif intercommunal. Le seul bémol à apporter à cet avant projet est que les électeurs devraient choisir les élus communautaires sur le même bulletin de vote que celui des conseils municipaux, de telle sorte que les élus garderont malgré tout, un certain attachement à leur clocher qui pourrait nuire à leur vision communautaire. Toutefois, cette réforme va dans le bon sens et traduit un pas en avant de la démocratie locale. Il est en effet, impensable de laisser gérer des budgets tels que ceux des EPCI par des personnes n’ayant à cet égard aucune responsabilité politique ou une responsabilité indirecte et donc fort diluée.

 


Un autre aspect purement comptable, consisterait à présenter des comptes consolidés pour les communes et les EPCI dont elles sont membres. Cette modification qui semble purement technique aurait pour avantage de clarifier les comptes et de présenter de façon plus explicite les engagements des différentes structures. A l’heure actuelle, une commune va porter un projet d’équipement et se faire subventionner en partie par son EPCI alors que, dans le même temps le même EPCI va porter un autre projet d’équipement communautaire et se faire subventionner par les communes membres. De telles pratiques créent l’opacité. Chaque Maire ou Président d’EPCI peut se vanter de ne faire supporter à sa collectivité que 30 ou 40 % du coût de l’équipement, alors qu’en réalité par le jeu des financements croisés, la dépense est toujours plus importante et moins visible. Telle est la triste réalité, mais en bout de chaîne, c’est toujours le même qui paie, le contribuable, c’est-à-dire nous ! La consolidation des comptes aurait l’avantage de mettre en évidence ces pratiques et de rétablir la réalité des coûts.

 

L’autre volet de la réforme, tout aussi important, concernait la modification de la désignation des membres élus des Conseils Régionaux et Généraux.

 

L’idée du rapport ATTALI que j’avais défendue lors de la cantonale de 2008 était la suppression pure et simple des Conseils Généraux. En effet, le budget d’un département comme les Pyrénées Atlantiques est de 700 ME alors que celui de la Région est à peine du double.

 

A l’heure où l’Europe est majoritairement composée d’Etats avec des Régions fortes, il n’est pas concevable que nos Régions soient les parents pauvres de l’Europe. Nous ne sommes plus à une journée de cheval de notre Chef Lieu  et la Région est, de toute évidence le cadre approprié pour traiter des équipements, du soutien à l’Economie, de toutes les grandes questions propres à notre cadre de vie au sens large du terme. En regard, les EPCI renforcés par l’élection au suffrage universel des leurs membres sont appropriés pour le lien de proximité et toutes les questions de solidarité et de culture locale.

 

La réforme n’ira pas aussi loin. Tout au moins dans l’immédiat. En effet, les départements ne semblent pas remis en cause et seul le mode de scrutin devrait être modifié. Il est envisagé la mise en place pour les élections de 2014 d’un scrutin des liste sur lequel seraient élus les Conseillers Territoriaux des Régions et Départements en nombre moindre. Cette modalité de désignation ne me paraît pas la meilleure. En effet, on déplore la perte d’intérêt de la population pour les élections et le faible taux de participation et, dans le même temps, on favorise les scrutins de liste qui ont pour effet d’éloigner l’élu de ses électeurs. Chacun sait que ne sont élus que ceux qui figurent en haut de la liste, choisis par les appareils politiques et non par l’électeur lui même, alors que dans le scrutin majoritaire uninominal (ou binominal pour cause parité) à deux tours, dans chaque circonscription se mène un combat électoral d’hommes et de femmes portant leurs idées avec leur personnalité propre, ce qui crée une émulation, un intérêt véritable pour l’élection de candidats connus de tous et confère à chacun l’impression d’avoir véritablement pris part à la désignation de son candidat. De fait, j’imagine que si l’on voulait voir s’élever la participation dans les élections Européennes, il suffirait de modifier le mode de scrutin.

 

Pour l’heure la loi n’est pas votée, mais on s’achemine vers cette solution. Peut-être cette réforme en cache-t-elle une autre ? En effet, la suppression immédiate, pure et dure des départements  aurait nécessairement provoqué la fronde des Conseilleurs Généraux et fait capoter la réforme. En modifiant préalablement leur mode de scrutin pour les transformer en Conseillers Territoriaux, il suffira une fois les assemblées constituées, de les regrouper en une seule assemblée régionale et le tour sera joué. Il s’agit peut-être d’un passage en douceur !

Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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