Union Gaulliste B-P-L

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" Le fait que les partisans de droite et les partisans de gauche déclarent que j'appartiens à l'autre coté, prouve précisément ce que je dis, c'est à dire que, maintenant comme toujours, je ne suis pas d'un coté, je ne suis pas de l'autre, je suis pour la France."

Charles de Gaulle (15 décembre 1965)
Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 09:10

Qui veut des minarets ?

Heureusement, il y a les Suisses.

Battre notre coulpe sur leur poitrine est commode. La honte dont on les accable nous comble d'une joie malsaine. On aurait tellement aimé être à leur place pour leur montrer - à eux, ces buses, ces obtus - la voie à suivre. Des minarets, nous, on en aurait voulu plein, c'est sûr, avec les appels des muezzins, pour qu'ils soient complets !

Comment ont-ils donc osé voter contre la construction de minarets dans leurs paysages, alors qu'ils n'en ont que quatre à contempler pour quelques centaines de mosquées et seulement 300 000 musulmans ! Certes, beaucoup de demandes de permis de construire des minarets étaient présentées, ce qui justifiait la démarche référendaire (nouvelobs.com, Le Parisien, Le Figaro, Marianne 2, Le Monde). Cessons de rêver : il est probable que si celle-ci avait été mise en oeuvre en France sur le même sujet ou un thème approchant, les résultats n'auraient guère été éloignés de ce "non" majoritaire qui suscite l'indignation de tous ceux dont l'espace n'était pas en voie d'être peuplé de minarets. D'autant plus que le débat sur l'identité nationale ne nous rend pas étranger apparemment aux préoccupations  suisses !

En effet, j'avoue avoir été surpris, même pour la France qui se pique d'être parfaitement républicaine parce qu'elle abuse de cet adjectif, par les torrents de bonne conscience et de pieuses critiques sur l'attitude intolérable des Suisses qui n'ont rien compris aux leçons de l'évolution et de l'ouverture. Ce consensus si douillet, si facile à élaborer, qui fait si chaud au coeur collectif (le problème est ailleurs !) m'a tout de même frappé par son ampleur et son hypocrisie.

Le vote des Suisses démontre qu'il est impossible, chez eux comme chez nous, de prétendre fabriquer un peuple "sur mesure". Quand on lui donne la parole, il la prend, et il la prend comme il veut. Ce n'est pas la peine de porter atteinte au décret populaire clair et net en blâmant son inspiration qui viendrait d'un "parti populiste", l'UDC. Celui-ci n'avait pas placé un couteau sous la gorge de tous les opposants à la construction de nouveaux minarets dont je souligne qu'ils sont dissociables des mosquées. Le minaret fait passer en quelque sorte de la liberté religieuse à une révolution sociologique, à un décor superfétatoire.

Il était inévitable que tel ou tel journaliste compare absurdement les minarets aujourd'hui aux clochers d'hier et de notre histoire. Ce qui me semble plus sérieux, c'est la réflexion que doit susciter ce résultat sur un certain discours abstrait dont la pompe morale s'affirme jour après jour irrésistible. Je veux parler des propos lassants et convenus sur la diversité, les différences. Le singulier d'un pays serait fatalement enrichi par un pluriel multi culturel.

On ose à peine répondre à ces pétitions de principe qui sont aussi nécessaires à l'humanisme de salon que l'air et l'eau à notre monde. Pourtant, si elles s'affirment indiscutables dans leur intégrité éthique, ne méritent-elles pas d'être appréciées à l'épreuve des réalités ? Il n'est même pas obligatoire de faire référence à la perversion de l'islam modéré (s'il peut exister) par l'islamisme conquérant, intolérant et parfois terroriste, par cet extrémisme d'une religion qui porte le fer au sein de nos familiarités les plus douces et les plus incontestables, notamment les rapports d'égalité et de fraternité entre les hommes et les femmes. Comme l'a dit Guy Carcassonne cité par Eric Raoult à C politique, chez nous on cache son sexe et on montre son visage. Occulter la lumière d'un regard relève d'une pratique qui pourrait déjà en elle-même faire frémir.

Mais les Suisses auraient-ils dû comme par magie succomber à ces concepts de diversité et de différences ? N'avaient-ils pas le droit de déserter  ces formes vides,  ces concepts creux ? Qui aurait eu assez de talent et de conviction pour les entraîner avec enthousiasme vers un pays nouveau avec beaucoup de minarets et un sentiment d'étrangeté au coeur de la plupart de ses habitants ? Qui se serait senti capable, preuves à l'appui, de démontrer que diversité, différences et multiculturalisme n'étaient pas que des oriflammes battant à un vent à la mode mais des valeurs à ancrer dans l'existence collective d'un Etat, parce qu'elles allaient l'enrichir, l'ennoblir et le faire progresser ? Personne évidemment, parce que le poncif rassure mais que la réalité, la plupart du temps, le dément.

Il y a les minarets en Suisse et il y a les réactions en France. Un exemple qui fera comprendre que les inquiétudes dépassent les frontières et qu'elles sont également ignorées. Combien d'articles a-t-on pu lire sur la réticence de voisins à accueillir tout près d'eux des communautés, des centres ou des foyers de drogués ou de personnes en état de précarité. Ils craignent une dégradation de leur mode d'existence, des actes de délinquance, un voisinage perturbant. Ils devraient leur ouvrir les bras, le coeur ? Dans un monde idéal évidemment mais ici et maintenant ? Dans mon quartier, depuis plusieurs mois un sans domicile fixe, parfois délirant, rarement menaçant, souvent obscène en public et refusant d'être hébergé même la nuit "pourrit" littéralement la vie des habitants du secteur où il campe en permanence. Il occupe le trottoir et passer à côté de lui sans le toucher devient un tour de force. Un commerçant est sans cesse troublé dans son activité par la présence de cet homme devant lequel la municipalité, les services sociaux, la police, les bonnes âmes et même la justice, pour ses outrages publics à la pudeur, sont impuissants. Il est protégé par notre morale qui lèse ceux qu'il incommode et qui le valent bien. 

Où est le vrai pour tous ces noeuds de la vie sociale, du destin d'un pays quand les élans du coeur et les rêves de tolérance se cognent contre l'insupportable réalité ? Est-il forcément indécent d'avoir du mal à supporter certaines situations ou à accepter un avenir quand on ne sait pas comment affronter les premières et qu'on a peur du second ? Quand on craint d'être noyé ? Est-il vraiment indigne de répondre non ?

Comme en Suisse. 

Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 19:28

Les propositions patronales ont été rejetées par trois des cinq syndicats de la restauration dans la nuit de lundi à mardi. L'accord prévoyait notamment une prime annuelle allant jusqu'à 400 euros pour les salariés afin de répercuter la baisse de la TVA sur les rémunérations.

Les longues négociations n'auront pas suffi. Les partenaires sociaux de la restauration ont échoué à trouver un accord sur les salaires. Le gouvernement leur avait donné jusqu'à lundi minuit pour s'entendre sur une revalorisation des rémunérations. Les restaurateurs devaient en effet répercuter la baisse de la TVA. Mais les cinq organisations patronales n'ont su contenter qu'une partie des syndicats. Les autres, CGT, FO et CFTC pourraient exercer leur droit d'opposition, comme elles l'avaient fait en juillet dernier.

Après 17 heures de négociations, la CFDT et la CGC ont en effet accepté l'accord. Les deux syndicats attendent toutefois de consulter la base avant d'apposer leur signature au document. La principale avancée consiste en une "prime TVA" annuelle s'élevant à 2% du salaire brut et plafonnée à 400 euros. Ce bonus est toutefois conditionné par l'ancienneté. Par ailleurs, les employés des hôtels-restaurants n'en toucheront que 50% et ceux des simples hôtels 25%. "Pour la prime, nous sommes sur le même montant mais pas sur le même nombre de bénéficiaires. Avec les limitations, elle ne bénéficiera qu'à la moitié des salariés", a dénoncé Denis Raguet, de la FGTA-FO, qui a brocardé une "mascarade" de négociations. Les opposants à l'accord demandent aussi la pérennité de la prime, alors que les organisations patronales ont introduit une clause de revoyure dans trois ans.

Droit d'opposition?

La grille de salaires doit par ailleurs être revalorisée de 6% en moyenne, selon le chiffrage patronal contesté par FO et la CGT. L'accord impose en outre que le premier échelon soit au-dessus du niveau du smic. "Le plus bas de nos salaires va percevoir 700 euros de plus par an", a fait valoir Didier Chenet, président du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat) qui a conduit la délégation patronale. "Le premier salaire sera de 1665 euros à comparer à un smic à 1336 et, en comptant les avantages en nature, il sera supérieur de 25% au salaire minimum." Les salariés bénéficieront de deux jours fériés supplémentaires, portant leur total à dix par an. Enfin, une mutuelle sera mise en place pour la profession à partir du 1er juillet prochain.

"Le total de ce que nous avons mis à signature représente 1,3 milliard d'euros charges comprises, soit 60% du coût de la baisse de la TVA qui était de 2,4 milliards. Ainsi 60% du coût de la baisse de la TVA repartent en pouvoir d'achat pour nos salariés", a calculé Didier Chenet. Mais les syndicats relèvent un autre chiffre. "On a fait un chèque en blanc de trois milliards d'euros à une profession qui ne sait pas négocier", a fustigé Stéphane Fustec, de la CGT Commerce. "On a été trahis, ce cadeau fiscal il faut le récupérer car ça a été une mesure coûteuse et hasardeuse."

"Les syndicats qui ne signent pas ne rendent pas service à leurs adhérents", a réagi André Daguin, qui joue de nouveau les premiers rôles à l'Union des métiers et industries de l'hôtellerie (Umih), premier syndicat de la profession. "Il va falloir qu'ils expliquent à leurs adhérents qu'ils vont voir 400 euros leur passer sous le nez." FO et la CGT devraient annoncer dans la journée de mardi s'ils font valoir leur droit d'opposition. Dans ce cas, l'accord deviendrait caduc.

Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 18:42

Jean-François Mayer, président de l'Institut Religioscope, qui a coordonné le récent ouvrage Les minarets de la discorde (Editions Infolio) revient sur l'interdiction de construire de nouveaux minarets, approuvée par 57,5% des Suisses dimanche. Un rejet révélateur d'un malaise européen, souligne-t-il.

La Suisse se réveille groggy ce lundi. Personne n'a vu venir le coup?
Non, pas même les auteurs de l'initiative. Les pronostics les plus pessimistes allaient jusqu'à 49%. Les Suisses ont donc caché leurs intentions aux instituts de sondages. Et ils n'ont pas suivi le "non" prôné majoritairement par les autorités politiques, médiatiques et religieuses. Cela pose la question d'un fossé entre l'establishment et la population. Tous les partis, ébranlés, vont donc s'interroger... On voit déjà qu'ils cherchent à prendre en compte, voire à récupérer cet électorat. C'est vrai aussi en France, où l'on devine que ce référendum aurait peut-être donné le même résultat, et où certains membres de l'UMP ont d'ores et déjà affirmé que les minarets n'étaient pas "nécessaires".

Comment comprendre ce rejet? Les minarets ont-ils posé des problèmes en Suisse?
Il y a seulement 4 minarets en Suisse. Comme en France, ils ne servent pas à l'appel à la prière, il n'y a donc pas de gène sonore. La polémique est partie il y a 5 ans environ dans deux villes qui construisaient des mosquées, Wangen et Langenthal. Les opposants se sont mis en réseau, ont commencé à organiser des débats et, rapidement, ont orienté leurs attaques contre le minaret, objet visible transformé en symbole d'une islamisation rampante. Aujourd'hui en Europe, le débat porte de plus en plus sur la visibilité de l'islam. En France, il se cristallise sur le voile ou la burqa. En Suisse sur les minarets. Partout, on défend un territoire. Un spot de campagne qui montrait des images d'une nature suisse bucolique tout d'un coup transformée par l'apparition de minarets traduit la peur de cette transfiguration du pays.

Est-ce l'islam en particulier ou la religion qui est rejetée?
A Langenthal, un temple sikh, plus imposant, n'a pas posé de problème. Il faut donc aujourd'hui reconnaître l'existence d'une question musulmane en Europe. Ce rejet des minarets est la façon des Suisses de manifester une inquiétude présente sur tout le continent. Il est révélateur d'une question qui parcourt l'Europe. Chaque pays l'exprime avec ses traditions. La Suisse à travers ses votations citoyennes. En France, dans le débat sur la laïcité et le financement des mosquées.

«Le débat porte de plus en plus sur la visibilité de l'islam»

Faut-il y voir un signe d'une hausse de la xénophobie en Suisse?
Les éléments populistes, conservateurs et xénophobes ont une tradition en Suisse, qui s'est notamment exprimée dans les années 1960-1970 contre les migrants d'Europe du sud. Italiens ou Espagnols. Mais, jusqu'ici, aucun de ces éléments n'avait réussi à obtenir une majorité lors de votations. Le rejet des minarets et la peur de l'islam ont des causes plus complexes que le racisme. Ils ratissent plus large dans l'électorat.

C'est-à-dire?
Certaines personnes de gauche ont pu voter "oui" au nom de la laïcité; des féministes par rejet du voile. Le "oui" s'alimente aussi des craintes que nourrit le monde musulman depuis le 11-Septembre. L'enlèvement de deux hommes d'affaires suisses retenus en Libye par Kadhafi sur des prétextes fallacieux semble avoir irrité l'opinion. Les sondages menés ces derniers mois montrent aussi que des personnes rejettent les minarets en réponse aux restrictions imposées à la construction d'eglises dans des pays musulmans…

Comment ce vote est-il vécu par les musulmans de Suisse et du monde? Des sanctions économiques et diplomatiques sont-elles envisageables?
Les 400 000 musulmans qui habitent en Suisse - dont 10% ont la nationalité - sont consternés. Le minaret, certes, n'est pas indispensable à la mosquée. Il est d'ailleurs absent dans certains pays. Mais ils se sentent rejetés par ce vote. Ils montrent toutefois une certaine réserve, comme pendant la campagne, parce qu'ils ont peu de leaders charismatiques et parce qu'ils savent que le registre de la complainte islamophobe aura peu d'effet. A l'extérieur, il pourrait y avoir des rassemblements de citoyens ou des appels au boycott. Les autorités peuvent aussi réagir, même s'il est dans l'intérêt de tous de calmer le jeu. J'ai déjà entendu le cheikh Youssef al-Karadaoui, très suivi dans le monde arabo-musulman, blâmer ce vote. Les jours qui viennent seront déterminants.

La Suisse peut-elle revenir sur ce vote?
Les communautés musulmanes de Langenthal, où le minaret n'est pas encore construit, envisagent un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme, mais son verdict n'est pas garanti. La CEDH a pu exprimer des avis contrastés sur ce type de sujets par le passé.

Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 09:09
 Laurence de Charette 30/11/2009 | Divergences  Les avocats s'appuient sur une décision de la Cour européenne des droits de l'homme pour essayer de faire évoluer le système. C'est une bataille d'usure qui a commencé, une partie à trois qui se joue entre les avocats, qui veulent être plus présents au cours des gardes à vue, les magistrats et les forces de police - défendant eux l'efficacité des enquêtes. Une bataille haute en valeur symbolique, car elle porte sur les libertés individuelles, et qui ne laisse personne insensible au sein même du gouvernement. Le premier ministre lui-même est monté au créneau la semaine dernière, estimant qu'il était nécessaire de «repenser» la garde à vue. Les avocats ont en effet entamé une véritable campagne. Pour pousser leurs revendications, les barreaux veulent s'appuyer sur une récente jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme insistant sur la nécessaire «assistance» des avocats au cours de la garde à vue. Et bénéficient d'une opportunité : la réforme de la procédure pénale et la suppression du juge d'instruction. Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas lui-même déclaré en annonçant cette réforme qu'il souhaitait augmenter les droits de la défense ? Poussée par le bâtonnier de Paris et l'association «Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat» expressément créée, soutenue par le Conseil national des barreaux qui représente l'ensemble de la profession, la campagne bat son plein : des modèles types de recours en nullité circulent poussant les confrères à combattre la garde à vue à la française où l'avocat n'est pas présent aux interrogatoires et n'a pas accès au dossier. Mardi par exemple, Pierre-Olivier Sur, avocat pénaliste, plaidera devant le tribunal correctionnel de Paris la nullité d'une procédure qui vise une dizaine de Guinéens placés en garde à vue à la suite de dégradations commises au cours d'une manifestation organisée après le coup d'État en Guinée. «Même là-bas, explique-t-il, l'avocat est présent tout au long de la garde à vue…» Face à cette mobilisation, le ministère de la Justice a diffusé une note à l'ensemble des procureurs. Dans ce document, la Chancellerie fait part de sa propre analyse des arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme sur lesquels s'appuient les avocats dans leurs demandes de nullité. Pour elle, le droit français répond aux exigences européennes, puisque la personne gardée à vue peut s'entretenir avec un avocat (une demi-heure) dès la première heure. Cette analyse fait débat dans les rangs des juges strasbourgeois, mais ceux-ci ne sont saisis actuellement d'aucune affaire française, et ne trancheront donc pas de sitôt. Ampleur du phénomène La Chancellerie constate toutefois que l'absence d'avocat aux cours des interrogatoires proprement dits «n'a de conséquence que sur la valeur probante des déclarations du mis en cause». Une tournure de phrase négative qui constitue en fait une forme de mise en garde : des aveux recueillis sans avocats peuvent être contestés. «Les juridictions pourraient en effet considérer (…) que des déclarations recueillies au cours d'une garde à vue ne pourraient fonder à elles seules une décision de condamnation pénale», avertit la Chancellerie, en recommandant donc aux procureurs de bien asseoir l'accusation sur «un faisceau d'éléments de preuve convergents, et non pas uniquement sur les déclarations des mis en cause pendant la garde à vue». La note demande également aux parquets de répertorier ces demandes de nullité - une façon de mesurer l'ampleur du phénomène. Car Michèle Alliot-Marie n'envisage pas que les avocats puissent assister leurs clients pendant toute la garde à vue. Une telle mesure nécessiterait une augmentation considérable du budget de l'aide juridictionnelle. Son idée est que l'avocat pourrait intervenir, avec accès aux PV d'audition uniquement à partir du renouvellement de la garde à vue. Ce projet, qui est celui du rapport Léger, ne convient pas aux avocats qui n'étaient pas parvenus à l'infléchir. Toutefois, la garde des Sceaux est décidée à limiter l'usage des gardes à vue qui ont explosé en huit ans : seules les personnes qui encourent plus d'un an de prison pourraient à l'avenir en faire l'objet, et uniquement lorsqu'elles présenteraient une résistance.
Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 09:44
 
27/11/2009 | Mise à jour : 20:36
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Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP :«Nous allons montrer que les valeurs comme
Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP :«Nous allons montrer que les valeurs comme

Le conseil national de l'UMP se réunit samedi. «Je souhaite qu'on lance l'offensive sur les valeurs», déclare au «Figaro» le secrétaire général du parti.

LE FIGARO. - On retrouve peu de vainqueurs des primaires parmi les têtes de liste investies pour les régionales. Ces élections internes à l'UMP sont-elles vraiment utiles ?

Xavier BERTRAND. - On ne reviendra pas sur le principe du choix des candidats par les militants pour les élections régionales. Les primaires créent une dynamique, y compris lorsqu'il y avait un seul candidat. On avait aussi prévu que la commission nationale d'investitures se prononcerait si les candidats n'allaient pas jusqu'au bout. C'est ce qui s'est passé.

Les cas les plus difficiles ont été tranchés par Nicolas Sarkozy. Est-ce le rôle d'un chef de l'État ?

Est-ce qu'il y a un lien très fort entre le président de la République et sa famille politique ? Évidemment ! Ça a toujours été le cas par le passé, sauf qu'au Mouvement populaire, nous l'assumons à 100 %.

Quel est aujourd'hui votre pronostic sur les résultats ?

Nous savons que les élections intermédiaires sont, par nature, difficiles pour la majorité. Chaque région gagnée constituera une victoire, et j'ai le sentiment que nous connaîtrons plusieurs victoires.

Nicolas Sarkozy, qui doit intervenir aujourd'hui au conseil national, sera-t-il le véritable chef de la campagne ?

Le président de la République, campagne ou pas, continuera à s'investir sur le terrain. Ce serait mal le connaître que de croire qu'il va rester enfermé dans son bureau parce qu'il y a une élection. Aujourd'hui, nous présentons l'ensemble des têtes de liste régionales et départementales. Le véritable lancement de la campagne avec tous les candidats de la majorité présidentielle se fera au cours d'un meeting commun de la majorité fin janvier.

La campagne sera-t-elle nationale ou régionale ?

Ce débat est derrière nous. La campagne se déroulera dans les 26 régions, et ce sera un rendez-vous politique, qui mobilisera l'ensemble de notre famille. Regardez le nombre de ministres qui s'impliquent : 19 sont têtes de liste ou candidats ! Il y aura des engagements régionaux, mais aussi des engagements nationaux.

Quels seront les axes de la campagne ?

La logique que nous voulons mettre en œuvre dans les régions est celle du changement qui prévaut au niveau national depuis 2007. Pour les régions aussi, nous voulons la rupture. Ce que Nicolas Sarkozy appelle la « folie fiscale » des socialistes est un scandale sans précédent : 6,5 milliards d'euros supplémentaires sont prélevés chaque année sur le contribuable depuis 2004. Nous prenons l'engagement de ne pas augmenter la fiscalité régionale dans toutes les régions où nous gagnerons. Nous voulons aussi la rupture en matière industrielle. En supprimant la taxe professionnelle, nous ne voulons plus laisser partir les usines. La manière dont les régions cherchent à s'ériger en contre-pouvoir n'a conduit qu'à freiner le plan de relance.

Comment le Nouveau Centre peut-il espérer reconquérir l'électorat centriste s'il se présente partout en liste unique avec l'UMP ?

La diversité sur nos listes en même temps que l'unité, c'est ce qui permet de remporter les élections. L'union n'est jamais un sacrifice, c'est une dynamique. Les électeurs centristes du MoDem auront le choix entre nous et le PS tiraillé entre certains écologistes et la gauche de la gauche. Ils ne trouveront pas de réponse à gauche.

Des alliances de la majorité avec des écologistes sont-elles possibles ?

Ces questions d'alliance d'entre deux tours, ou plutôt de rafistolage, c'est l'affaire du PS. Au conseil national, aujourd'hui, et tout au long de la campagne, nous allons démontrer pourquoi nous sommes devenus les plus crédibles depuis 2007 sur développement durable, avec notamment le Grenelle de l'environnement. Ensuite, ce sera aux électeurs de se déterminer.

Craignez-vous une poussée du Front national ?

Je ne comprends pas certaines interprétations des sondages. En 2004, le Front national avait recueilli 14,7 % des suffrages. Les sondages le donnent aujourd'hui à 8 %. Pour moi, c'est un vrai recul et rien d'autre.

Le recentrage sur des thèmes comme la sécurité et l'identité nationale préfigure-t-il la tonalité de la campagne ?

Je souhaite que l'on lance l'offensive sur les valeurs. Elles sont plus importantes que les lois, les décrets ou les règlements. Après deux ans et demi d'exercice des responsabilités, nous allons montrer que les valeurs comme le travail, la responsabilité ou la justice sociale nous ont guidés jusqu'à présent et continueront à nous guider. Pendant trop longtemps, les électeurs de la droite et du centre ont eu l'impression que les promesses ne valaient que pendant les campagnes. Aujourd'hui, nous faisons la démonstration que les engagements sont tenus.

Des aménagements sont-ils possibles sur le mode de scrutin des conseillers territoriaux qui suscite des critiques y compris à l'UMP ?

Je soutiens la réforme portée par Brice Hortefeux. Ce mode de scrutin permet à la fois de garder un lien territorial, avec le scrutin uninominal, et d'assurer la représentativité, avec une part de proportionnelle.

Jean-François Copé regrette que l'UMP n'ait pas mieux contré l'offensive du PS au congrès des maires de France. Est-ce un ratage ?

En politique, il y a trois attitudes : ceux qui créent les polémiques, ceux qui les entretiennent et ceux qui les ignorent. Je me situe clairement dans la troisième catégorie.

Par Georges-Roland COURNIL - Publié dans : Politique
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